22 mars 2009
002; Génération perdue, Une nuit à New York, Les parapluies de Cherbourg, Destricted
Ok, voici quelques critiques de films qui étaient sur mon ancien site. Certaines ont plus de six mois mais bon…
Génération perdue (The Lost boys); Joel Schumacher
C’est un film résolument culte pour toute une génération d’américains et après multes recommandations je me suis laissée tenter, alors que j’aurais dû laisser filer. The lost boys a beau offrir un point de vue “moderne” sur les vampires, préférez d’autres oeuvres sur ce thème. Le problème (et ma totale incompréhension face à ce film soi disant culte) est que cela a mal vieillit, le film reste coincé dans les années 80 de par ses vêtements, sa vieille côté Californienne démodée, ses rockers et motards, sa musique (pourtant pas si mal que ça mais avec tous les purs sons clichés rocks des ’80s). Ancrée d’autant plus dans un cinéma qui vieillit mal qu’on nous sert une histoire véritablement dignes des blockbusters US de ces années là (d’ailleurs l’acteur principal est également le protagoniste des Gremlins, see?) : les héros sont des adolescents dans l’air du temps (”être motard c’est cool dude”), et l’interprétation ne rattrape rien du tout. Le tout mélangé à des clichés incroyables sur des gosses qui lisent des comics et qui trouvent les vampires cools, mais faut quand même les tuer. Contrairement à beaucoup de personnes, les effets spéciaux ne m’ont pas vraiment dérangé, car si on devait se prendre de ceux ci il y aurait des choses à dire sur les vieux Star Wars. Bref, ça a mal vieillit et ça vaut pas le coup, sauf si vous avez un petit frère, là encore ça l’occupera pour vous pendant une heure et demie.
Une nuit à New York (Nick and Norah’s infinite playlist); Peter Sollett
Ce film est adapté d’un roman assez populaire aux Etats Unis. C’est le feel-good movie par excellence (comprenez un film dont on ressort de bonne humeur, exemple: Wes Anderson) pour adolescents. Passez 15 ans vous allez vous ennuyer (ou alors je suppose que vous êtes une jeune fille encore très fleur bleue). Contrairement à Juno (que je trouvais vraiment pas mal dans le genre), Une nuit à NY se retrouve enfermée dans ses clichés américains (sur le lycée, les ados,… bref, ennuyeux). Il est avant tout question de deux personnes destinés à finir ensemble dès le début du film sans qu’ils le sachent. Nick est musicien dans un groupe où il est le seul hétéro et sort d’une rupture qu’il accepte plutôt mal avec la garce de service. Cette dernière est dans le même lycée de Norah qui récupère les compils que faisait Nick pour son ancienne dulcinée. Au bout de cinq minutes on sait déjà comment va finir le film, mais on se dit qu’il peut se passer des choses intéressantes entre temps, et bien ce n’est pas le cas. Même le fait que la temporilaté du film se joue en une nuit n’arrive pas à nous apprécier le couple, ni à croire à un véritable futur pour eux d’ailleurs, je dirais même qu’on se fiche en fait, puisqu’on a même pas le temps de les voir suivre une quelconque évolution. Et les acteurs? Eux ou d’autres, quelles différences? L’actrice principale a une façon de jouer et un accent tel que j’ai cru qu’elle était ivre tout le long du film. Michael Cera (”Arrested Development”, Juno) s’en sort plutôt bien, comme à l’accoutumé, et du coup j’ai l’impression qu’il ne jouera jamais d’autres type de personnages si bien qu’il en devient agaçant. Et pour un film supposé être basé sur la musique j’en aurais attendu plus (et de meilleure qualité aussi), même si on retrouve un titre inédit des Vampire weekend qui vaut vraiment le coup, et une chanson de Tiernan, dans l’ensemble ça reste de l’indie pas mal mais pas transcendant. Bref, dans le genre préférez Juno.
Les parapluies de Cherbourg; Jacques Demy
Il pleut aujourd’hui et ça me donne une bonne raison de parler d’un film de Jacques Demy. J’avoue ne pas être une spécialiste du réalisateur, (j’ai grandi avec Peau d’âne comme beaucoup), mais chaque visionnage de ses films est une magnifique découverte.
Donc Les Parapluies de Cherbourg (1964). Cette comédie musicale m’a bouleversé, littéralement. Le film est “en chanté”, tout y est entièrement chanté, il n’y a aucune parole (je crois que seulement Abel Gance avait fait un film de la sorte auparavant). Et je sais que ça en déstabilise beaucoup, mais Demy a réussit le pari de s’y faire au fur et à mesure du film. Le chant n’est pas un obstacle à l’immersion totale dans le film, bien au contraire! Le film n’en est pas léger pour autant (mais cela n’est en fait pas vraiment étonnant, Demy est lien de faire un cinéma populaire), bien au contraire, le sujet du film ramène à la dure réalité. Geneviève est amoureuse de Guy, un garagiste, elle travaille dans le magasin de parapluies de sa mère. Et tout l’enjeu du film se fera autour de l’amour des deux amants, à savoir si leur amour survivra, car Guy est envoyé en Algérie. (Si romantiques il y a ici, préparez vos mouchoirs avant le début du film). Ce sera la premier film à traiter de la guerre d’Algérie, sujet tabou à cette époque en France. Il est important de noter l’utilisation des couleurs, tout un travail est fait là dessus; et même si le film est tourné véritablement à Cherbourg, qu’importe, le décorateur le colore; décors et costumes se mélangent et nous emmène dans un hymne à la couleur comme il est rare de le voir. D’ailleurs vous remarquerez de véritables plans-tableaux dans le film.
N’y voyez en aucun cas un film léger s’il vous plait; moi j’en suis tombée amoureuse, et mon côté romantique doit sûrement en être pour beaucoup. Ce film séduit, bouleverse, votre affect en ressort chamboulé, et vous vous rendez compte qu’en fait, la réalité est belle…
Destricted; Collectif
Enfin bref Destricted. Film collectif livrant l’image qu’ont certains réalisateurs sur le sexe & le porno (c’est pas le genre de film qu’on regarde en famille hein! comme ça vous êtes prévenus). 7 réalisateurs donc 7 courts métrages. Evidemment 7 réalisateurs radicaux et controversés: Larry Clark (”Ken Park”), Matthew Barney (”Cremaster”), Gaspard Noé (”Irréversible”),… Honnêtement y’a du bon et du moins bon; dommage car le thème aurait pu donner d’incroyables petits bijoux. Car chez certain finalement rien d’artistique ne ressort - comme si finalement on avait à voir un simple porno (et si j’avais voulu regarder du cul pour du cul j’aurais allumé Canal+). Bon après ça dit des choses également sur les spectateurs habituels du porno; oui certain réalisateurs tireront une véritable réflexion du sujet, Larry Clark notamment. Si bien que lorsque le film est sorti les articles de presse ne parlait du film qu’à travers son court. Il fait un documentaire dans lequel il passe un casting de jeunes américains entre 20 & 25 ans qui souhaitent faire du porno, ces gens là sont troublants de vérité face à la relation qu’ils entretiennent avec le porno. Clark ou le savoir de filmer des jeunes comme personne alors qu’il a 65 ans. Est-ce que je suis vraiment objective du fait qu’il est un de mes réalisateurs préférés? Regardez le film, vous serez d’accord avec moi. Bon après le reste c’est pas toujours folichons; j’ai jamais vraiment été plus ou moins insensible à Gaspard Noé donc je passe et j’ai été un poil déçue par celui de Matthew Barney mais quand même très artistique pour la peine. Donc est-ce que le porno peut-être artistique? Le résultat est très inégal. Ça se veut sociologique dans son ensemble mais au final ça semble tellement prétentieux.
Publié par alisea at 01:29 dans Non classé Taggé cine: collectif, cine: jacques demy, cine: joel schumacher, cine: peter sollett