30 avril 2009
Breaking Bad: Présentation
Breaking bad c’est péter un plomb et le pétage de plomb dont il est question c’est celui de Walter White. Walt est professeur de chimie dans une école secondaire d’Albuquerque et est marié à Skyler, enceinte jusqu’aux dents de leur second enfant. Leur aîné Walter Junior souffre d’un handicap locomoteur et parle en bégayant. La famille White a une petite vie paisible et sans problème, si ce n’est financier, comme tout le monde serait-on tenté de dire. Malheureusement, leur avenir qui se voulait radieux grâce à la venue d’un nouvel enfant va être obscurci par la découverte du cancer de Walt.
Walt appartient à ce qu’on appelle les petites gens, il travaille sans ambition, est un mari fidèle, n’a jamais enfreint la loi et est un peu mollasson, il subit la vie en somme. L’annonce de cette nouvelle va tout chambouler dans sa tête. Bien qu’il ait toujours été dans le rang et travaillé toute sa vie, il ne peut s’offrir le traitement contre le cancer. Surtout, il réalise qu’il a été trop passif dans sa vie et compte se rattraper. Comme il n’a plus rien à perdre, puisqu’il a déjà perdu sa vie, il va prendre tous les risques et le premier sera de braver la loi en produisant des amphétamines pour subvenir aux besoins de sa famille et payer son traitement.
Au début, j’ai pensé à Weeds. Mais tout ce qui les relie c’est la drogue comme moyen de subsistance. Nancy Bodwin vit dans un quartier aisé et est délurée tout l’inverse de Walt. Car, le va-tout de cette histoire c’est d’avoir fait du personnage central la personne la plus banale au monde. Walt est l’américain moyen, dont la vie est jugée sans intérêt, sans secret ou agitation, si bien qu’il va devenir producteur d’amphèt sous les yeux d’un agent de la DEA (brigade anti-drogue), son beau-frère. Ce qui est intéressant c’est le contraste entre l’image qu’il renvoie avec sa moustache bien taillée, ses slips kangourous et sa bagnole pourrie et ce qu’il fait sur son temps libre. Pour écouler sa marchandise, qui ne peut être qu’excellente puisque Walt est docteur en chimie, il va s’associer à un ancien élève Jesse Pinkman. Le col blanc avec l’homme rose, c’est le binôme cathodique le plus détonnant. Jesse était un très mauvais élève, il ne travaille pas et passe ses journées à fumer. Ce n’est qu’un petit dealer de pacotille lorsqu’il tombe par hasard sur Walt et lui inspire cette idée de vendre du cristal. La rigueur dont Walt fait preuve dans sa carrière et sa vie familiale, il va l’appliquer dans son business et avec Jesse, ce qui ne va pas être une mince affaire au vu du personnage. Voir ces deux novices s’égueuler, Walt sur l’incompétence de Jesse dans la fabrication et Jesse sur la méconnaissance de Walt du deal, c’est tout simplement excellent. On sourit à tous les coups.

Le nouvel hobby de Walt ce n’est que la face émergée de l’iceberg. Maintenant, il ment sans problème à ses proches, qu’importe la taille du mensonge. Il ne se laisse plus marcher sur les pieds, aussi. Avec ses élèves, il ne fait plus de concessions même s’il continue d’enseigner avec passion devant une classe s’ennuyant à mourir. Il ne se préoccupe plus des autres, il leurs à consacrés toute sa vie sans considération en retour. C’est donc sans regret et avec plaisir qu’il abandonne l’ancien Walt. Il a perdu sa morale d’autrefois. En effet, à aucun moment Walt n’est gêné par sa conscience, il ne réfléchit jamais aux conséquences néfastes de ses activités. Certes, il produit une drogue qui tue tous les jours des junkies mais c’est pour sa famille, ses crimes sont justifiés. Sa grande intelligence sous-exploitée dans l’enseignement secondaire va enfin lui rapporter. Là où le commun des truands utilise la violence des armes pour survivre, Walt avec ses neurones et sa chimie va réussir à vendre son cristal et se sortir de situations délicates par des moyens des plus originaux, « softs » mais parfois mortels.

Le personnage est servi par un génialissime Bryan Cranston qui a d’ailleurs reçu un Emmy pour son interprétation. Les seconds rôles qui ont quasi tout autant d’importance dans la série, bénéficient également d’un très bon jeu d’acteur et sont construits avec finesse, loin de la caricature. Mais si Breaking Bad fait autant parler d’elle, c’est en grande partie grâce la réalisation soignée de Vince Gilligian qui nous offre des scènes qui feront rentrer la série au panthéon télévisuel. Les scènes du premier épisode avec Walt qui « cuisine » en sous-vêtement sont mythiques et nous offrent de magnifiques plans dans le désert . Afin de vous mettre l’eau à la bouche, j’ai sélectionné quelques plans qui ont gravés en moi l’estime que j’ai pour cette série. La première image (saison 1) et la dernière (saison 2) sont tournées dans le désert du Nouveau-Mexique. Les deux autres représentent la scène finale de la première saison et la scène première de la deuxième. Walt en gros bonnet de la drogue ça donne un déguisement que je ne me lasse de regarder.

Les critiques sont unanimes et le succès populaire arrive lentement mais surement. Avec deux Emmy Awards, après une première saison raccourcie à 7 épisodes suite à la grève des scénaristes, la série a été récompensée de sa constante qualité. Je ne peux que vous la conseiller vivement. Elle est en cours de diffusion sur AMC. Tous les sentiments y sont réunis avec l’esthétique en prime. À ne pas manquer donc.
Publié par bloubbloub at 12:40 dans Breaking Bad Taggé AMC, Breaking Bad, critique, drame, drogue, emmy, Vince Gilligian































Très belle analyse, mon petit poisson clown savant.
A propos du jeu sur les couleurs, en plus des patronymes Mr. White et Pinkman, on peut aussi citer Mr. Schwartz (noir en allemand), co-fondateur avec Mr. White de Grey Matter, la société “Matière Grise” (blanc + noir), bien entendu active dans le domaine de la chimie.
On pourrait voir dans ce jeu sur les noms de couleur une référence au film culte de Quentin Tarantino “Reservoir Dogs”, film de gangsters au casting de rêve dans lequel les personnages principaux sont aussi désignés par des noms de couleurs : Mr. Blonde (Michael Madsen), Mr. Blue (Eddie Bunker), Mr. Brown (Quentin Tarantino), Mr. Orange (Tim Roth), Mr. Pink (Steve Buscemi), Mr. White (Harvey Keitel).
En tout cas, je souhaite encore beaucoup d’autres bulles à l’aquarium, un blog décidément toujours en pleine effervescence!
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