bilan de fin de journée

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Multiples rebondissements, scènes de bagarres et de course-poursuites, grands complots et toujours Jack pour sauver le monde, oh non que dis-je les États-Unis. Il y a deux axes sur lesquels on peut critiquer 24, le premier est bien sûr celui du scénario et le second est celui de la morale que sous-tend une telle série.


D’abord, donc, le scénario. Trop de rebondissements tue le rebond! A chaque dénouement, on se doute que le complot est plus large qu’on ne le pense ou qu’un gentil devient méchant avant de finalement redevenir gentil. C’est assez simplifié car dans le cas de Tony, il re-redevient méchant avant qu’on apprenne qu’il n’est pas un vrai méchant mais un agent désabusé et bouillonnant de vengeance. A la décharge des scénaristes, le format même de la série impose un rythme effréné qu’il faut savoir garder 24 épisodes durant. Et si l’idée de suivre une histoire en temps réel était excellente, elle pousse aussi paradoxalement à un manque de réalisme. Jack Bauer ne mange jamais, ne dors jamais, son flingue se recharge tout seul et
en mission son adrénaline efface les effets du virus dont il est atteint. Jack n’a plus que deux heures à vivre, il transpire comme un boeuf et convulse à s’en tordre par terre mais il parvient à tuer à mains nues tout un staff médical et à philosopher sur le bien et le mal.


Car c’est sous cet angle qu’a débuté cette saison, la torture est-elle justifiée? Pour sauver les Etats Unis d’Amérique peut-on braver la loi? Il semblerait que oui! Jack le dit, il n’a pas de regret bien qu’il trouve juste qu’il soit jugé pour ce qu’il a commis…Un peu ambigu ou un brin fataliste. Les lois doivent être respectées sinon cela conduit à l’escalade mais certains comme lui doivent les outrepasser dans l’intérêt de tous et en payer ensuite le prix! Le message est le suivant: ne faites pas comme Jack Bauer, il n’y a que lui qui peut le faire. Message mal passé auprès de l’agent Walker qui est très vite passée dans le camp des tortionnaires, pour sauver le pays d’une grande conspiration. Au final, cela ressemble à un plaidoyer pour la torture des méchants traîtres, les héros la pratiquent et ses opposants leurs pardonnent à l’instar de l’imam qui vient absoudre Jack de ses pêchés.


Autre problème éthique, la mort commanditée de Jonas Hodges. Peut-on se faire vengeance d’un meurtrier impuni? Non, on peut torturer mais pas tuer, quand même. La présidente fait le choix de la loi plutôt que celui de la justice. Le USA et la Constitution avant tout. Le chef d’Etat cette saison se veut au-dessus de tout soupçons, pas sure que dans la réalité ça se soit passé pareil, un président dont la fille est une criminelle ne pourrait rester à la maison blanche, mais qui sait ce que nous réserve la suite…


24 reviendra pour une utilme saison. La piste du gros complot avec des personnes qui ne se connaissent pas les unes les autres sera à mon avis suivie. L’idée d’un terrorisme américain sur le sol américain est jouissive. Le capitalisme américain et son patriotisme excessif seront-ils mis en branle? La menace ne vient pas toujours des autres.



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