Hung: Présentation
La crise financière et économique semble être devenue une source d’inspiration pour les scénaristes d’outre-atlantique. Si en Europe on parle beaucoup de la crise on en ressent moins les effets dans la vie de tous les jours qu’aux Etats-Unis (logique) où des pertes d’emploi importantes sont annoncées avec la chute des géants du capitalisme américains. Parmi ses géants: General Motors et le monde de l’automobile en général. S’il y avait donc bien une ville pour symboliser le marasme économique et les dérives du capitalisme et de l’industrialisation c’était Détroit. Ce sont donc des bâtiments désaffectés et les rives polluées des lacs qui servent de décor au nouveau looser fauché de la télé: Ray.
D’emblée de jeu, le personnage central nous fait faire une petite visite rapide de l’état d’abandon de la ville. Ray est un professeur comme Walt dans Beaking Bad ou Will dans Glee et force est de constater que ça ne rapporte pas beaucoup. Tous ces hommes ont connu des débuts carrière prometteurs mais le vent à vite tourné pour eux. Qu’importe leurs aptitudes, la chance n’a pas été de leur côté ou peut-être n’ont-ils pas été assez coriaces dans le monde impitoyable du travaill. Ils ne sont pas sans emploi, certes, mais il semble que la fonction publique paye très mal aux USA. La profession représente surtout cette classe moyenne éduquée empêtrée dans des hypothèques et des soins médicaux impayables. On retrouve donc le même néant dans la vie de Ray que dans les rues de Détroit qui furent jadis animées par une population prospère.
Le professeur et coach de basket se destinait à une carrière professionnelle sportive, une accident lui a fait perdre tout espoir et sa reconversion dans l’enseignement lui a fait perdre sa femme qui lui a préféré quelqu’un qui sauve des vies et qui gagne plein d’argent, un médecin: un dermatologue :-D. J’ai adoré la façon dont la série tourne en dérision la spécialité médicale la plus merdique qu’il soit (oui j’ai une dent contre mon dermatologue). Pour que l’étoile de la réussite brille à nouveau au-dessus de la cabane de Ray, il va suivre un séminaire pour réussir et devenir riche. Encore un petit clin d’oeil à un secteur de plus en plus décrié mais très en vogue: le coaching. Le principe de celui-ci est simple tout le monde à au moins un “winning tool” il suffit de savoir comment le transformer en produit et le vendre. Et c’est là que ça devient intéressant, le winning tool de Ray c’est son énorme pénis! Il est “well-hung”! Reste une question primordiale dans notre société de consommation: how market his dick?
L’apprentissage de Ray en gigolo et de l’une de ses ex amante en maquerelle ne s’annonce pas facile et c’est bien sûr là que se situe tout le potentiel comique de la série. Le pilot a rempli sa mission mais passer ensuite en format 27min a été déstabilisant. L’histoire mériterait d’être développée plus amplement étant donné la double vie de Ray et les différents arcs narratifs (carrière professionnelle/familiale/déviante). Surtout la narration n’est pas assez rythmée pour son format réduit. Mis à part ce regret, Hung est avec Nurse Jackie la bonne surprise de l’été. A essayer donc.















Hmm j’essaierais peut-être la série après ton post, le pitch ne m’a pas plus accorché que ça, je verrais quand plusieurs épisodes seront sortis ce que ça donnera. J’ai toujours un problème avec les prod HBO, c’est des bonnes séries, mais à part The Wire et John Adams en mini-série, aucune ne m’a vraiment transcendé…
Ah John Adams, ils auraient dû continuer jusqu’à Obama, un président par saison! J’ai adoré mais je manque cruellement d’objectivité quand il s’agit d’HBO.
Si ça peut te rassurer, Hung n’est pas très hboène en dehors du sujet qu’elle traite. Mais maintenant, je me méfie de plus en plus des séries à concept. Par exemple le pitch de Breaking Bad ne m’avait pas plue car il y avait déjà Weeds. Finalement, la série s’est révélée bien différente et la meilleure de ces dernière années. Je ne dirais pas que c’est de même avec Hung mais on passe un très bon moment. Maintenant si t’as pas été transcendé par Big Love, Rome ou SFU , ça risque pas avec Hung…