Big Love isn’t enough°°°°°
Estampée HBO, Big Love, bien que traitant d’un sujet original et plutôt provocant, n’a jamais reçu toute l’attention qu’elle méritait selon moi. Malgré de très bonnes critiques et de bons acteurs dont on retiendra surtout la performance de Chöé Sévigny, la série reste peu populaire comparée à ses soeurs de True Blood ou de Sex and the City. La saison 4 venant de commencer sur les chapeaux de roue, il m’a semblé opportun de revenir sur cette perle télévisuelle./*SPOILERS: S04E5*/
Après avoir poursuivi des ambitions maritales et financières, Bill s’attaque cette année (sur recommandation de God himself!) à la politique. L’idée me semblait folle au départ mais à bien y réfléchir elle colle à l’histoire et au personnage. Comme il a voulu plus de femmes (saison 2), plus d’argent (saison 3), il allait de soi que, tôt au tard, il voudrait plus de pouvoir que ne le permettait déjà l’argent. Bill est avant tout un croyant et s’il y a bien une chose en laquelle il croit c’est lui, ou pour reprendre son schéma de pensée: je crois en Dieu et Dieu croit en moi!
En cette reprise de saison, je lui trouve quelque chose de Walter White. Même mégalomanie et mêmes frustrations d’un destin gâché, pour Walt celui d’une carrière scientifique et pour Bill celui d’un prophète. Surtout, tous deux justifient leur folie des grandeurs par le souci des autres. Ces mêmes personnes desquelles ils perdent petit à petit l’amour et le respect. Ils ne sont donc pas si différents et pourtant je déteste autant Bill que j’adore Walt. Il s’agit du choix scénaristique pris par les auteurs de Breaking Bad qui bien qu’offrant une histoire plus rythmée et rapide, ont eu le temps de nous montrer l’avant et l’après. Si nous avions pu faire connaissance avec Bill le lost boy, mon opinion aurait été plus nuancée…quoique! L’épisode 5 nous montre une face plus humaine de l’affreux mormon mais il en est arrivé à un tel point d’égoïsme que rien ne peut plus l’excuser et c’est bien l’avis de cette brave Loïs.
Les femmes de Big Love bien que destinées à la soumission sont à l’image de la femme moderne forte et indépendante. Certes doivent-elles vivre cachées et se cacher de leur propre mari mais rien n’arrête leur détermination personnelle. Nicky, constamment balancée entre les désirs de son époux et ceux de sa famille en est le parfait exemple. Si elle en défend un c’est toujours au détriment de l’autre. Margene avec son émission tv a aussi su mener sa petite barque son devoir en partager un penny avec ses sisters wives. Ce gain d’autonomie a de graves répercussions. La famille Henrickson n’est plus qu’une petite entreprise dont l’objet social unique est la réussite de Bill. L’amour n’est plus vraiment de rigueur. Lors de la saison précédente, Nicky la coincée s’était bien décoincée auprès d’un agent fédéral. Si elle a ouvert la piste de danse, le bal des cocus ne fait que commencer.
Le changement de générique n’est donc pas anodin. La glace de la patinoire s’est bel et bien fendue sous le poids des trois mariages et du secret. Tous quatre en tombent dans une chute qui les séparent et dont on ne sait combien de temps elle durera. Ce qui est sur c’est que certains dommages resteront irréversibles. La chute est en tout cas très jouissive. Si dans ses débuts la série était lente et nous laissait le loisir de bien comprendre la psychologie de chacun maintenant que les présentations sont faites, les scénaristes ont appuyés sur l’accélérateur et le choc s’annonce des plus violents.
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