Lost: saison 6 épisode 11°°°°°
Quel est le point commun entre ma dernière critique de Lost et celle-ci? Elles se réfèrent aux épisodes centrés sur les deux personnages les plus intéressants de la série. Alors que l’épisode 8 était bon, celui-ci est excellent. Quel est le secret d’un épisode lostien réussi? Répondre aux questions, en soulever de nouvelles et être basé sur des personnages charismatiques. Desmond a su soigner chacune de ses apparitions sans jamais faire de faux pas, pour Richard c’était parfait jusqu’à cette saison.
Desmond avait montré tout son potentiel narratif dans The Constant. Une nouvelle fois son pouvoir particulier sert notre compréhension de l’histoire. Ce qui semblait être, auparavant, des voyages temporels ou un pouvoir de prédicion, s’apparente maintenant plus à des voyages dans des réalités parallèles. Les personnages clefs utilisés sont les mêmes. On pourrait d’ailleurs en regrouper la majorité sous le nom de clan Widmore. Eloïse confirme son statut de gardienne du temps et Daniel, même privé de son doctorat d’Oxford, est le seul à comprendre les rouages de l’île. Si Eloïse se charge du temporel, son pas tendre époux pourrait être le gardien de l’île. Je sais, cette mission incombe à Jacob mais la balance de la justice représentée en sculpture et en tableau me donne des idées. Charles est peut-être avocat mais ça ne serait pas intéressant pour nous. Et s’il était juge? Qu’il pourrait juger du bien, Jacob, et du mal, Smokey Monster. J’avoue il n’est pas très impartial mais l’investissement qu’il fournit dans cette île et les sacrifices auxquels il a dû consentir, tout cela témoigne d’un rôle particulier qu’il lui reviendrait dans cette tragédie lostienne. Enfin, les apparitions de Penny restent sporadiques mais indispensables. Si Desmond est la constante de Daniel, sa demi-soeur est celle de Desmond.
L’amour qui unit Penny et Desmond est la seule chose qui subsiste à travers les turbulences spatio-temporelles. Cet amour n’est pas le seul à subsister dans la réalité-X. Charlie et Daniel ont le souvenir d’un coup de foudre, d’un sentiment d’amour profond pour une personne qu’ils sont sensés ne pas connaître. Ces sentiments provoquent des réminiscences de leur séjour sur l’île. Dans le cas de Richard, je trouvais que la corde sentimentale était usée, mais dans cette épisode, les trois couples dont il est question sont essentiels. Sans amours, Charlie n’aurait peut-être pas voulu sauver les lostiens en allant dans la station sous-marine, Daniel n’aurait peut-être pas voulu faire sauter la bombe et donc sauver Charlotte et Desmond, c’est assez évident, il n’aurait pas voyagé jusque sur l’île, l’Ocean 815 ne se serait pas crashé et des millions de téléspectateurs ne s’abrutisseraient pas depuis 6 ans devant une fiction sans queue ni tête.
Il n’est donc pas anodin de les avoir réunis dans le même épisode. La bonne gestion des “guest character” est le point fort de cet épisode. Pourtant, ça commençait mal. Le dialogue avec Claire n’était pas éclairant sur quoi que ce soit. Minkowski dans le rôle du chauffeur, c’était comme Michkaïl et Keamy en mafiosi, sans intérêt. Enfin, ce qui, je suppose, devait être une surprise, Desmond bras-droit de Widmore, était trop prévisible, tout comme la dégustation du whisky. Il a fallut, pour moi, attendre la balade en voiture avec Charlie pour que je prenne conscience de ce qui ne me semblait être que des clins d’œil scénaristiques. Voir la paume de Charlie sous l’eau m’a fait un effet électrochoc. Ensuite, bien que ce ne fut pas étonnant de retrouver Eloïse dans le rôle de Mrs Widmore, son message qui faisait écho à celui de la bijouterie était pour le moins intéressant. Aussi, en repensant à The Constant, je me suis souvenue que c’est dans cet épisode que Minkowski et Desmond avaient fait connaissance. Celui qui conduit notre Scottish au stade (celui où Jack et Desmond ont fait connaissance la première fois) pour retrouver sa Peneloppe avait déjà précédement aidé le couple à être réunis en indiquant Desmond sur le local des communications.
Cet épisode 11 est parfaitement réussi, même le cliffhanger était bon alors qu’il présentait le grand handicap de s’appuyer sur Sayid. Lorsque le générique de fin apparaît, on ressent une frustration comme d’habitude. Mais elle n’est plus la même, la faim n’est plus celle du manque mais celle de l’appétit. La mise en bouche “humienne” promet une suite de plats savoureux et je l’espère nombreux.
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