L’époustouflant final de Big Love°°°°°

Waouh, amazing, astonishing, incredible, comment vous dire à quel point j’ai été bluffée par le season final d’une série que j’ai apprécié, aimé et que j’adore maintenant. C’est du HBO dans toute sa splendeur! Par où commencer, d’ailleurs, tellement tout était bon. Aucune scène bâclée, une conclusion qui termine un chapitre mais en ouvre un bien plus appétissant alors qu’annoncée depuis longtemps./*SPOILERS*/ C’est bien le plus fou, le cliff de cette saison était prévu depuis longtemps mais jamais je n’aurais imaginé que les scénaristes osent laisser leur personnage principal aller jusqu’au bout de ses ambitions égoïstes et dévastatrices. Il fallait du cran pour casser ce qui était le leitmotiv de la série depuis 4ans. D’un autre côté, le jeu de cache cache risquait tôt ou tard de lasser. La série vient de s’offrir une nouvelle jeunesse qui, si on continue à ne nous offrir que 9épisodes par saison, pourrait encore continué un bout de temps, surtout au vu de l’évolution des sisters wives qui sont toutes devenues méconnaissables.


Margene est certainement celle qui a le moins surpris. Pas que ses péripéties aient été moins interessantes, mais rien ne peut nous surprendre d’elle. Parce qu’elle a toujours été plus excentrique que ses soeurs, parce qu’elle est moins fourbe que Nicki, moins hypocrite et qu’elle est plus à l’aise avec la polygamie que Barb, Margene est la seule qui ne ressentait pas le besoin de se remettre en question ni elle, ni leur mode de vie. Son aventure, son business et son mariage était en pure continuité avec sa façon d’être, sa façon de s’habiller, sa soif de relations sociales et le besoin d’être aimée. Le plus étonnant est qu’en fin de compte, elle semble être la moins amoureuse de Bill. Il y a comme une indifférence qui traîne. Elle ne le hait pas comme Barb, ne l’adule pas comme Nicki, elle est avec lui parce qu’elle aime vivre en communauté et avoir des supers copines avec qui partager son quotidien. C’est pour cette raison qu’elle a été depuis le début la plus grande supporteuse d’Anna. Partager Bill n’est pas un problème pour elle car de toutes façons son amour ne lui suffirait pas. Elle aussi, à son tour veut se partager.


Tandis que Nicki, ayant découvert les joies d’un amour exclusif avec son agent fédéral, aspire à devenir la seule récipiendaire de l’amour et de l’attention de Bill. J’ai toujours cru que Nicki soutenait la polygamie, pour des raisons religieuses et culturelles mais aussi parce qu’elle ne ressentait pas l’envie d’aimer un homme et que dans ces circonstances, il lui était préférable de partager cette tâche avec d’autres femmes. Ses ambitions maritales sont telles que maintenant elle remet carrément en question l’autorité de la sister wife number 1. Elle décide donc de devenir comme elle, adopte un look conventionnel, sacrifie 20 cm de ses cheveux et se manifeste comme le seul appuis de Bill dans tout ce qu’il entreprend. Elle devient son alliée, celle qui fait ses sales besognes en politique et qui cherche désespérement à lui donner un enfant. J’avais, je l’avoue, sous-estimé l’intérêt de cette histoire de stérilité et la façon dont elle recoupe le mystère JJ est incroyable. Les détails sur le secret des Walkers avait été distillé avec tellement de parcimonie que même après l’avant-dernier épisode je n’avais aucun indice sur où tout cela nous mènerait. Comme lorsqu’il s’agit de Selma et son frère, ça me semble après coup tiré par les cheveux mais la réalisation et le jeu de Zeljko Ivanek étaient tels qu’on aurait pu avaler encore plus gros.


Mais finalement, Barb a réussi à me surprendre encore mieux que Nicolette version romantique ou revival 80′. C’est la plus fidèle qui retourne sa veste. Elle a déjà perdu sa fille, presque perdu son fils à cause de son cupide de mari, alors elle est prête à tout pour préserver son semblant peu de famille. Elle fait de son mieux pour couler son mari avec des boulettes médiatiques, des révélations anonymes à la presse et surtout le recrutement de Marilyn qui symbolisera l’opinion publique contre  Bill la saison prochaine. Toutes ces trahisons ne sont que des réactions à celles de son mari. Je sais pas si elle a vraiment un jour cru en l’église mormonne mais le doute était déjà perceptible l’année passée quand elle voulut retourner dans sa famille et dans son église. La découvertes des tromperies de Bill lui feront réaliser pour de bon que ce qui motive son mari ce n’est pas la foi mais le sexe et l’argent.


Je la trouve très émouvante dans la scène finale. Elle hésite mais puisque tout est foutu à quoi bon se cacher, quand elle se lève on voit dans son regard à la fois la haine qu’elle porte envers Bill mais aussi sa douleur en tant que femme d’admettre publiquement avoir ouvert son ménage à d’autres. Chez Margene, on sent surtout de la peur, celle de perdre ce qui était sa source de liberté, son travail. La scène finale était donc parfaite dans le jeu des acteurs, on sent bien le malaise de Bill et bien qu’on le déteste on se sent nous aussi un peu mal. En tant que téléspectateur on est assez étrangement plus proche de l’orateur et ses femmes que des spectateurs de l’auditoire.


Pour clore ce billet dithyrambique, revenons sur l’atmosphère qui a plané sur cette saison avec notamment la musique omniprésente durant ce dernier épisode. Le choix des bandes son était parfait. Les tensions et suspicions étaient mises en exergue. L’atmosphère en était pesante et le tableau plus sombre que jamais. Le road trip de l’épisode 7 était aussi excellent de par sa réalisation plus même que par son histoire, la chaleur et la moiteur du Mexique était palpable à l’écran. Enfin, Juniper Creek était cette saison encore plus malsain avec la scène des mariages organisés dans des chambres de motel, l’union d’une mère à son ex-gendre et les manipulations cliniques orchestrées par JJ. La mort de Roman n’a donc pas plomber ce pan de l’histoire et a permis d’enfin développer la question de l’homosexualité refoulée d’Alby. J’espère qu’on accordera plus de temps à ce personnage la saison prochaine car on est resté sur notre faim mais des choix devaient être fait pour tout caser en 450 min. Une chose en moins à caser sera la storyline de Sarah, dont l’actrice Amanda Seynfield a souhaité se retirer du show. Elle nous manquera certainement, Sarah était vraiment intéressante parce qu’elle était la seule enfant Henrickson à s’élever contre le modèle familial. Si la question de l’impact de la polygamie sur les enfants sera sans aucun doute traitée à l’avenir, cela sera moins sous l’angle psychologique que social avec la question de savoir comment les amis de Ben et Teenie réagiront aux révélations de leur père.

Dexter is back: Bilan de la saison 4°°°

Vous avez dû lire un peu partout que Dexter ça n’était plus aussi bien qu’avant, que la voie prise par les scénaristes était sans issue, que le personnage de Dexter était mort et blablabla et blablabla. Eh bien je l’ai aussi longtemps cru et jusqu’aux derniers épisodes ce n’était pas faux.


Faisons d’abord un bref rappel des faits. Première saison: on découvre le personnage de Dexter et par la même occasion son frère qui s’avère être le fameux tueur en série du camion frigorifique. Là on se dit, waouh! Dexter est prédestiné à être une machine à tuer sans once d’humanité. C’est une première télévisuelle, le héros n’en est pas un et est au-delà de l’anti-héros. Dexter est un meurtrier qui s’est inventé justicier pour rentabiliser ses crimes en choisissant des coupables comme victimes. On commence la deuxième saison avec la peur de ne pas pouvoir voir mieux comme serial killer que le frère de Dexter…et bien si! Dexter himself! A vrai dire je pense que c’est de loin ma saison préférée. Les personnages de Doakes et de l’agent spécial Lundy n’y sont pas étrangers. La troisième saison malheureusement confirme les craintes présentes depuis le début, la série et le personnage ne peuvent réussir dans la durée. L’idée de donner à Dexter un co-pilote était en soit une bonne idée mais Miguel Prado est vite devenu un personnage encombrant s’ajoutant à deux autres personnages encore plus encombrants que sont Rita et Debra. Debra, je l’ai toujours trouvée un peu conne: être tombée amoureuse et s’être mariée à un serial killer qu’elle connaissait à peine, c’était pas futefute et elle a beau à le répéter ça ne la rendra pas plus intelligente. Rita, quant à elle, est le symbole de la socialisation et donc l’humanisation de Dexter et donc à ce titre on ne peut pas l’aimer, elle et ses mioches. Le final de leur mariage ne laissait donc rien présager de bon. Et pourtant…


Le début de cette saison 4 a été, il est vrai, très pénible. Les dialogues intempestifs des Morgan père et fils ont le don de vite m’irriter et là j’avais vachement l’impression qu’ils en abusaient. Au bout de quatre ans, les introspections de Dexter n’apportent plus grand chose de neuf: “Pourquoi ne suis-je pas normal?”, “Suis-je fait pour avoir une vie de famille normale?”, “Mes proches risquent-ils de souffrir de ce que je suis réellement?”, “Vais-je être un jour démasqué”, on croirait Claire Bennett. Mais rassurez-vous ce début de saison n’a rien à voir avec celui d’Heroes si ce n’est la déception et cette impression de déjà-vu.


On nous a donc resservi le tueur en série que le Miami Metro passe une saison entière  à démasquer quand il ne faut que quelques épisodes à Dexter pour connaître son nom, sa maison et devenir un membre de sa famille. Comme dans la saison précédente, il fait ami ami avec son ennemi et l’assassine juste avant que ses collègues découvrent l’identité du criminel (pas Dexter, l’autre). Mais tous les flics ne sont pas cons (aucun commentaire sur cette assertion svp) et à l’instar de Doakes, Quinn commence à le trouver louche et à le filer, comme si ce n’était pas suffisamment louche qu’il passe sa vie à photographier des éclaboussures de sang. Mais c’est bien le seul car Dex a pris le soin d’épouser une blonde godiche. Pour maintenir du suspens, il y a toujours bien quelqu’un qui commence une phrase du genre  “il faut qu’on parle” ou un “je sais tout Dex”, suivi d’un silence et un gros plan sur la face du héros, mais il n’y a bien plus que Michael C. Hall pour jouer les dupés. Nous on n’y croit plus.

Ces épisodes aux évènements redondants ont heureusement fait place dès le neuvième épisode à une histoire bien plus haletante. Dexter n’est pas resté coincé dans ses remords d’avoir tué un innocent comme c’était le cas dans la saison 3. Il est redevenu un meurtrier qui prend autant de plaisir à préparer ses crimes qu’à les exécuter.

Très vite on voit ressurgir le tueur de la saison 1, incapable de ressentir des motions et obligé de les feindre. Le meilleur exemple est sa réaction lorsqu’il apprend s’être fait cocufier. Non seulement, ça ne l’émeut pas mais en plus il ne se sent même pas embarrassé face à Masuka.  Ce qui lui redonne de la vigueur c’est son adversaire. Cette fois-ci est de taille et qu’il a bien du mal à faire tomber dans ses filets ou plutôt dans ses bras après une bonne petite dose d’anesthésiant.  Le rituel d’Arthur, sa famille et sa bi-polarité sont autant d’éléments qui font de lui un serial killer bien plus intriguant que le Ice Truck Killer qui était aussi un excellent rôle mais qui, avec recule, est moins intressant lorqu’on a eu quatre pour découvrir son reflet en la personne de Dexter.

Mais cette critique ne serait pas aussi élogieuse sans les 3dernières minutes de l’épisode final. Déjà que c’était agaçant de voir Dexter s’en sortir des plus gros merdiers jamais chiés, qu’il s’en tire aussi bien que dans la deuxième saison avec la mort de Doakes et Lila me semblait vraiment trop facile. Cette fois-ci les scénaristes lui ont fait payer ses prises de risques insensées,  en faisant de Rita une victime collatérale, dirons-nous, de son dark passenger. Outre le fait qu’on soit enfin débarrassé de la blonde gnangnan, cet événement est l’occasion de faire renaître une seconde fois Dexter. Cette “tragédie” ancre une fois pour toutes dans la fatalité l’amour que porte Dexter au sang et au meurtre. Cette fatalité c’est aussi celle de son fils, le petit Harrison innocent et  baignant dans le sang de sa mère tout comme son père et son oncle quelques années auparavant. Cet assassinat risque également de mettre à mal la couverture du bon père de famille. Que la femme d’un scientifique de la police soit victime d’un meurtre soulève déjà pas mal de questions. Si en plus son bourreau est le Trinity killer on peut être sus que le détective super futé Morgan ne lâchera pas l’affaire d’aussi tôt, surtout après avoir enfin découvert l’identité de son frère adopté.


Alors que la casquette de producteur et showrunner va changer de tête, espérons que la série et ses scénaristes pourront porter à bien ce qui a été construit durant ces derniers épisodes. Le personnage est a retravaillé complètement, c’est une aubaine pour éviter de malencontreux accidents tels que la saison 3!