Secret Diary of a Call Girl: Goodbye°°°°


2011 est décidément l’année des adieux. Après avoir versé quelques larmes en visionnant l’ultime épisode de Friday Night Lights, c’est  la prostituée emblématique d’ITV qui nous a quitté les yeux en pleurs. Et son ravissant sourire nous a dès lors manqué autant que la série. Heureusement, la carrière de Billie Piper est loin d’être finie mais je ne suis pas certaine de revoir d’aussitôt un personnage tel qu’ Hannah/Belle.


Il faut avouer que l’originalité de Secret Diary tenait dans un ton provocateur que les américains ont du édulcoré. La série était basée essentiellement sur le sexe. En 20min on présentait un client et ensuite on passait rapidement au chaos sentimental de la call girl. Les scènes de sa vie personnelle tournaient souvent autour du secret de sa profession et de la difficulté d’être une professionnelle du sexe tout en ayant une relation amoureuse supposée exclusive.  A bien y réfléchir les saisons 1  était la plus faible car elle n’est pas parvenue à fournir des éléments de narration suffisants. Mais j’ai regardé car j’étais scotché par la représentation qui était faite du plus vieux métier du monde. Jamais je n’avais vue la call girl comme une femme insatiable d’argent et de sexe. De plus, les relations qu’elles entretenait avec ses client étaient quasi amicales. Hannah écoute autant que Belle baise.


Les trois dernières saisons quant à elles, étaient plus intéressantes car la vie de Belle y était moins monotone. Elle a d’abord pris son indépendance ensuite, coaché une prostituée en herbe, écrit un best-seller et finalement elle s’est révélée être une excellente maquerelle. La galerie des personnages s’est donc étoffée en dehors des clients et pour la dernière saison la réalisation a été accentuée sur son côté mockumentary. Billie Piper s’exprimait quasi autant à la caméra qu’aux acteurs et plusieurs scènes comme celles dans le bureau de l’avocat ou dans le bar dans une version revue et corrigée du “le bon, la brute et le truand” ont exacerbé le côté comique des situations.


A vrai dire, il était temps que la série s’arrête car je commençais à sérieusement envisager de changer de carrière. On a rarement vu au long de ces quatre années les risques et désagréments de la profession. Belle n’a jamais eu de clients au physique repoussant et au comportement violent, bien que cette dernière question vu traitée au travers de la tentative de viol sur Bambi. La série a surtout œuvré dans l’éducation sexuelle en nous faisant découvrir autant de goûts sexuels que d’épisodes. Bien que traitant d’un sujet qui à priori attire plus les hommes, la façon de nous représenter la call girl comme une femme indépendante et sûre d’elle a rendu la série regardable pour les deux sexes et les tenues excentriques d’Hannah/Belle m’ont rappelé la garde-robe de Carrie Bradshow. En fait Hannah était une femme tout aussi moderne que les filles de Sex and the City, même voire plus.  Elle a réussi à abandonner le schéma classique du  prince charmant et des moutards pour garder son autonomie. Et c’est sur ce point que Secret Diary a été une série novatrice. Elle a été jusqu’au bout du féminisme en dépeignant une femme libérée aux mœurs libérées.

Secret Diary of a Call Girl: plus si secret°°°°°

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Secret Diary c’est l’antidote pour les filles en manque de Carry et de ses amies. Même folie des fringues, même goût du sexe mais avec en prime un amour de l’argent assumé. C’est le IIIème millénaire, les femmes n’ont plus peur de troquer les sentiments pour de l’argent.


Belle a depuis toujours cherché son indépendance financière et n’a jamais caché sa principale motivation. Elle vient d’une famille de la classe moyenne, ne se drogue pas et n’a pas d’enfants à nourir. La prostitution c’est son choix, c’est la façon la plus facile et la plus plaisante de se faire un max de blé. Le prix à payer est cher mais bien moins que ses tarifs. Elle s’est donc résolue à mentir à ses proches et limiter son cercle d’amis pour vivre dans le luxe de sa luxure.


La série traite du sujet avec légèreté et donne presque envie d’en faire aussi son métier. Belle a de très bons rapports avec ses clients, elle les fait jouir et parfois jouit aussi. Elle vit dans un super bel appartement et passe son temps libre à s’acheter des vêtements de grands couturier, en cash bien sûr. Certains reprochent à la série de traiter du  sujet avec trop de légereté et de ne pas montrer la face glauque de la prostitution et du proxénétisme. La question est de savoir si pour être de qualité, une série doit-elle être obligatoirement réaliste. Le réalisme n’est pas facile  et la comédie est toujours sous-évaluée. Pourtant faire rire sur le sexe sans tomber dans la vulgarité de Bigard ne me semble pas plus aisé./*SPOILERS:S03E06*/


Malheureusement, Hannah vit tellement seule qu’elle ne nous ouvrent pas beaucoup de pistes d’évolution
en dehors de leur clientèle. L’idée de donner une amie à Belle était une bonne façon de diversifier les histoires mais il faut bien avouer qu’en 20min il est un peu difficile de suivre les deux escort-girl. La question centrale depuis ces deux dernières saisons est la possibilité de vivre un amour quand on vit du sexe. La première tentative en saison 2 m’a semblé un peu scabreuse, on savait très bien comment tout ceci finirait et on avait que ça à se mettre sous la dent. Cette saison-ci avec la parution du journal intime de Belle, une toute autre voie s’ouvre et l’histoire qui commence est bien plus intéressante à la fois par ses dialogues et par la nature de la relation entre Hannah et Duncan. Elle vit du sexe et il vit de l’écriture des ses aventures sexuelles. Pourtant, à aucun moment ce n’est dérangeant pour nous, spectateurs. Duncan n’a rien d’un mac et Hannah lui parle de son boulot comme le ferait n’importe quelle femme avec son compagnon.


Dans un autre registre, le couple que forment Bambi et Byron est tout aussi attachant. Byron est un rêveur notoire et Bambi comme son nom l’indique est restée une enfant dans l’âme. Contrairement à Belle, la prostitution s’est imposée à elle. Abandonnée par ses parents, vivant dans un petit deux pièces, elle exerce le plus vieux métier du monde pour pouvoir simplement manger et payer son loyer. Elle est encore chez Stéphanie, la mac, et lui paie donc une large commission pour avoir accès une clientèle bas de gamme du fait de ses origines ethniques  et à mon avis aussi sociales./*FIN SPOILERS*/


Les épisodes se faisant, le sexe se fait de plus en plus original et je n’ose imaginer ce que l’on risque de voir dans les semaines à venir. J’espère que les scénaristes parviendront à rendre les compagnons de ces dames plus consistants afin de mieux comprendre les motivations qui les poussent à accepter de telles relations.