19 septembre 2010
Mad Men: Les temps changent°°°°°
Mad Men la série phare d’AMC avec Breaking Bad a repris cet été et ce fut un courant d’air frais dans ce paysage audiovisuel marqué par les séries de petit accabit que nous sortent une à une les networks. Après quatre années de bons et loyaux services à représenter les sixties, les scénaristes ont mis un gros coup d’accélérateur afin de nous préparer aux changement de mœurs qui s’annonce après le célèbre mai 68.
Nous avions laissé Don Draper dont une sale situation l’année passée. Grace Kelly l’avait quitté et lui et certains de ses collègues avaient pris le risque de quitter Sterling Coopper pour former une nouvelle boîte. Heureusement pour nous, ils ont repris avec eux tous ceux qu’on connaissait, le monde n’est-il pas bien fait! C’est donc avec plaisir que nous retrouvont Johann, Peter, Peggy et la clique dans de nouveaux locaux plus petit et moins rutilants que les précédents. On peut dire d’ailleurs que les locaux de la Sterling Coopper Draper and Pryce sont le nouveau personnage de cette saison. Ils sont le sujet de toutes les conversations et servent à mettre en avant la modernité du nouveau design de l’époque. On y est tellement peu habitué que ça donne dans tendances futuristes aux bureaux.
Le plus gros changement au niveau de la boîte c’est certainement le bouleversement hiérarchique. Partager le pouvoir ça vous en donne moins. Coopper ne vit plus dans son temple feng-shui et ne plus le voir en chaussette allez savoir pourquoi ça lui fait perdre de son aura.Même si Don Drapper reste l’élément indispensable, on ose maintenant plus facilement le critiquer pour la simple et bonne raison que chacun d’entre eux est devenu indispensable. La boîte tourne en effectif de réduit et 50% de leur budget vient d’un seul client. Ils sont tous devenus tributaires les uns des autres. Les secrétaires désormais ne travaillent plus telles des fourmis dans un grand open-space, elles ont chacune un petit bureau devant les bureaux fermés des cadres. Et c’est avec un grand plaisir que nous retrouvons Johann dans son bureau personnel qui est devenue en quelque sorte la maitresse de maison. Elle veille à tout et n’est plus cantonnée à son rôle de secrétaire.
Mais le meilleur indicateur de l’évolution de la condition féminine c’est sans doute Peggy Olson. L’ancienne secrétaire a gagné en grade et en assurance. C’est certainement l’employée préférée de Don, l’affection qu’il lui signifie est celle d’un mentor qui se voit en elle. Ils savent cultiver le mystère sur leur personne, sont avant-gardistes et sont prêt à tous les sacrifices pour leur carrière. Malheureusement, les autres mâles de l’agence continuent à la considérer d’abord comme une femme et ensuite comme une créatrice. On l’utilise quand il faut donner son avis sur un produit de femme et on la juge parce qu’elle n’est toujours pas mariée. Peggy a compris, contrairement à Johann, que l’avenir de la femme passe par elle et non par son mari, elle éprouve des difficultés à faire accepter sa “situation” auprès de ses collègues.
Situation, c’est aussi le mot que l’on utilise pour parler de divorce à cette époque. Le divorce est encore tabou mais Don lui s’accomode bien vite de la “situation”. Il se montre assez patient avec Betty bien qu’elle ne lui facilite pas la tâche. Les enfants Drapper ne sont pas les seuls à appartenir à une famille recomposé, de plus en plus d’enfants vont connaître cette situations dans les années qui viennent. Mais si les femmes ne craignent plus de quitter leur mari, elles restent dépendantes des hommes. Elles quittent leur mari pour un autre ou dépendent encore financièrement de leur ex. Par contre, les ex, du moins Don ne trouvent pas aussi facilement une nouvelle femme. Celles-ci savent que si elles veulent être traitées comme les égales des hommes, elle doivent attendre trois rendez-vous! En deux épisodes je n’ai jamais vu celui-ci se prendre autant de râteaux.
Enfin, dernier thème abordé, l’essor d’un marketing plus agressif et intrusif. Si Don comprend mieux que personne l’esthétique racoleuse que devront avoir à l’avenir ses campagnes de pub il refuse d’accepter la place gagnée par la psychologie dans le marketing. Mettre des femmes à poil, ok, mais se mettre à nu pour vendre la pub, non. La raison est simple, Don cache un passé difficile et refuse la doctrine psychanalyste qui défini un homme sur son enfance. Il s’est créé un personnage et c’est la seule personne qu’il accepte être. “Who is Don Drapper?” c’est comme ça qui débute cette nouvelle saison.
Publié par bloubbloub at 6:49 dans Mad Men Taggé AMC, Don, drame, Mad Men, modernité, publicité, seventies
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