Calendrier séries US: Janvier 2011


En ce début d’année, les networks lancent leurs séries de mi-saison et la tendance est à l’américanisation des séries britanniques. En  janvier, nous comptons pas moins de 3 remakes. Il y a d’abord Skins, adaptée par MTV. Je n’ai pas eu le courage de regarder le pilote entièrement tellement c’était proche de la version UK mais en moins trash. Cependant,la série n’est pas suffisamment consensuelle pour le puritanisme américain, elle est déjà menacée de censure. Ça valait la peine de dépenser autant de sou-sous pour lisser une série dont le propos est de toute façon trop réaliste pour le public.


Autre série a avoir été adaptée: Shameless. Une série qui prêchait aussi par son réalisme et qui a été édulcorée par Showtime. Je suis assez déçue du network qui avait osé, précédemment, prendre le risque de diffuser la version originale de Secret Diary of a Call Girl. Mais il semblerait que les critiques pestent l’accent des acteurs et le public n’adhère pas beaucoup plus. Au moins Showtime aura essayé. Moi, de mon côté, je n’ai pas apprécié le pilote de Shameless et ait voulu découvrir sa version originale. La version UK est plus cra-cra, les acteurs ne sont pas tous droit sortis des catwalks et le tableau socio-économique est bien plus compréhensible. Showtime a transformé Fiona (la fille aînée de la famille Gallagher qui est au centre de l’histoire) en une espèce de Cendrillon des temps modernes et son ami Steve est passé du statut de petit bandit à celui du prince de l’arnaque version Ocean’s 11.


Enfin, Syfy s’est appropriée Being Human dont la thématique colle parfaitement à l’esprit de la chaîne. Je ne l’ai pas regardé parce qu’après deux remakes, y en avait un peu ras le bol. Si les américains regardaient des fictions avec sous-titres comme nous, ou qu’ils apprenaient tout simplement à comprendre leur propre langue maternelle, nul doute qu’ils seraient un peu plus intelligents et ouvert d’esprit. De plus, ça leur économiserait pas mal d’argent d’acheter plutôt que d’adapter.


Voici ce qui est sorti en janvier avec leur pitch et leur trailer.


09 janvier- Episodes- Showtime
Cette création originale de Showtime fait justement écho à mon discours sur les remakes puisqu’on y parle d’un couple de scénaristes qui vont quitter la Grande-Bretagne pour adapter leur série à succès à Hollywood. La démarche ne manque pas d’ironie puisqu’elle a été lancée le lendemain du remake US de Shameless sur la même chaîne. De plus, Showtime a force de co-produire avec BBC a appris l’auto-dérision et l’humour british. Le monde de la tv US est présentée comme superficiel et à la merci des producteurs cherchant l’audience à tout prix. Sean et Beverly, les deux scénaristes vont voir leur show de plus en plus dénaturé et devoir abandonner tous les éléments qui leur semblait être la richesse de leur création. Bien que la production apprécie la version originale de la série, ils veulent la changer afin qu’elle colle aux codes hollywoodiens et que le public adhère. La série est écrite notamment par David Crane qui était déjà aux commandes de Friends dont un des acteurs est aussi à l’affiche d’Épisodes: Matt Leblanc. Celui-ci jouera son propre rôle, il sera la star imposée aux scénaristes car il est beau, célèbre et surtout pas anglais. Je vous donnerai prochainement ma critique car le pilote m’ayant plu je compte continuer à suivre la saison surtout que j’ai hâte d’enfin revoir un ex-friend dans un bon rôle à la tv.

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10 janvier- Let’s Saty Together- BET
Je ne connaissais pas BET avant d’écrire ce post. Cette chaîne se veut celle de la communauté afro-américaine et nous produit donc en ce début d’année une série dont le casting est majoritairement issu de cette communauté. Let’s Stay Together est la première sitcom entièrement produite par BET. Elle est décrite comme un Mad About You urbain. Je ne sais pas si le “urbain” se réfèrent au casting black- ce qui m’agacerait un peu- mais du reste le thème principal touche en effet, les relations amoureuses et les difficultés de la cohabitation. Le couple central est formé par Charles et Stacy qui vivent une relation passionnée dans un cadre de cohabitation égalitaire ce qui n’est pas s’en poser des problèmes dans leur quotidien. Pour mettre en exergue le caractère moderne de leur relation, Tasha, la sœur de Stacy est, elle, engagée dans une relation bien plus traditionnelle. Alors qu’elle est bien plus jeune, elle a décidé de se consacrer corps et âme à Jamal son mari et à leur enfant, ce qui dérange Stacy. Enfin, Kita, le dernier personnage du casting principal, a décidé de profiter de la vie un max avant de se mettre en couple. Elle est la petite sœur de Charles. Bon les configurations ne sont pas très originales alors je m’y mettrai plus tard.


10 janvier- Ligths Out- FX
Si Showtime s’est spécialisée dans les dramédies de nana avec Weeds,USoT et Big C, FX, elle, est devenue la référence pour ceux qui veulent voir des héros qui sentent la testostérone à plein nez à l’instar de ceux de SoA et Justified. Lights Out continue dans cette lignée avec la seconde vie d’un boxeur, Patrick Leary, qui a du ranger ses gants malgré lui. Sa famille souhaite l’avoir près de lui ne pouvant plus supporter les risques pris sur le ring et qui ont déjà fait des dégâts important sur la santé de  Leary. Mais la tentation est grande pour le poids-lourd de retourner sur le ring quand toute sa vie n’a toujours été faite que de combat et de sport. Dans sa décision devront peser non seulement son amour de la boxe mais aussi une situation financière délicate. Si les audiences ne sont pas géniales (0.4% de part d’audience sur les 18-49ans pour le second épisode), la critique, elle, est élogieuse, notamment l’Hollywood Reporter et The New-York Times.

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12 janvier- Off The Map- ABC
Off The Map c’est le Grey’s Anatomy de la jungle comme on l’entend un peu partout. Le medical drama produit par Shonda Rimes toujours pour ABC narre les aventures de médecins dans un petit hôpital au milieu d’une région tropicale. Le point de départ est l’arrivée de trois jeunes médecins qui cherchent à fuir leurs erreurs  du passé et prendre un nouveau départ. Le network attend beaucoup de son nouveau bébé, mais les premières audiences ont été peu satisfaisantes. Il faut aussi comprendre les spectateurs d’ABC qui ont donc droit maintenant à GA 1, GA 2 (Private Practice) et GA3 et tout cela sera bientôt diffusé sur une même semaine. Espérons cependant qu’Off The Map puisse nous offrir des cas médicaux plus intéressant grâce à une médecine de terrain pauvre en équipement et en effectif.

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17 janvier- Harry’s Law- NBC
Harry’s Law est un legal drama comme son nom nous le laisse penser. Qui dit legal drama dit David E. Kelley. Très vite on retrouve dans Harry’s Law les caractéristiques d’Ally Mc Beal et Boston Legal. On est face à un nouveau cabinet d’avocats créé par une vieille avocate bougonne qui vient ‘être virée d’un cabinet d’avocat. Elle décide de créer son propre cabinet entourée de personnes excentriques et hautes en couleurs. De plus, le lieu de travail est en fait une fabrique de chaussure abandonnée située dans un quartier pauvre ravagé par la drogue et le proxénetisme. Bien que peu appréciée de la critique professionnelles et “amateur” (soit la communauté des blogueur), la série constitue à l’heure actuelle le seul hit de NBC. A vous de juger si ce succès populaire est la conséquence de sa qualité intrinsèque ou de la médiocrité des autres séries diffusées le lundi soir aux USA.

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17 janvier- Skins US- MTV
Skins US c’est le même pitch que Skins UK à l’exception que Maxxie, le personnage du danseur gay, a été zappé et remplacé au profit d’une cheerleader lesbienne. Les jeunes adolescents passent toujours  leur vie à boire et à fumer mais ils le font maintenant dans les quartiers de Baltimore et non plus de Bristol. J’ai détesté le pilote et ce d’autant plus qu’au moment où MTV lançait ce remake, E4 nous présentait sa nouvelle génération de Skins UK qui est, ma foi, très prometteuse.

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17 janvier- Being Human US- Syfy
Ici aussi c’est le même pitch que la version UK. Un vampire, un loup-garou et un fantôme vivent ensemble et doivent apprendre à s’intégrer aux humains en cachant leur vrai nature…

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19 janvier- Retired at 35- TV Land
Tv Land est un network relativement jeune. Créée en 1996 elle ne produit des séries originales que depuis 2010. Retired at 35 est donc le deuxième bébé de Tv Land après le lancement l’année dernière d’Hot in Cleveland. On reste dans le domaine de la sitcom avec David, 35 ans, qui décide de se réinstaller chez ses parents et arrêter une carrière pourtant brillante qu’il menait à New-York. Alors qu’il décide de vivre dans une communauté de personnes âgées en Floride, sa mère justement en est fatiguée et quitte ses deux hommes. Elle décide d’aller de l’avant alors que son fils renoue avec son passé et ses anciennes connaissances.

20 janvier- Perfect Couples- NBC
Perfect Couples ne réinvente pas la comédie romantique. On suit une bande de 6 amis, 3 hommes et 3 femmes. Ils forment 3 couples tous différents les uns des autres. On a d’abord Rex et Leigh qui est le couple parfait. Pour atteindre et garder la perfection ils ne cessent de lire et de suivre des thérapies. La sœur de Rex, Julia, forme avec Dave le couple normal et  pas totalement parfait mais pas trop imparfait de sorte qu’ils soient la référence. Enfin, Vance, le meilleur ami de Dave est impliqué dans une relation instable avec Amy. C’est le sex couple de la bande. Un preview était sorti en décembre mais il ne s’agissait  pas d’un pilote donc il vaut mieux commencer par l’épisode de janvier.

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20 janvier- Fairly Legal- USA Network
Fairly Legal est le deuxième legal drama de cette mid-season (oh, my god, j’écris comme parle JCVD). Kate Reed est avocate mais en a marre des tribunaux. Tout y est noir ou blanc et ce qui est légal n’est pas forcément juste à ces yeux. Le déclencheur de cette prise de conscience c’est la mort de son père, fondateur du cabinet dans lequel elle travaille. Après sa mort, elle démissionne pour devenir médiatrice. Mais pas facile de jouer les anti-avocats quand sa belle-mère, son frère et son ex-maris sont avocats. Sarah Shahi de Life campe le rôle vedette de la série.

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21 janvier- Spartacus: Gods of Arena- Starz
Autant prévenir direct: Si vous n’avez pas aimé Spartacus, Blood and Sand, il y a peu de chance que vous appréciez son préquel. On y retrouve en effet la même recette avec beaucoup de scènes de sexe et de violence, des acteurs body-buildés, des belles filles et des effets spéciaux à vous en faire voir le décor vert sur lequel on peint allègrement des teintes rouges. Le préquel nous propose de suivre l’ascension de Batiatus qui a fait du modeste ludus de son père le premier fournisseur de gladiateurs pour divertir Capua. C’est avec plaisir qu’on retrouve les comparses de Batiatus et leur Doctore. Bien qu’on connaisse la fin on ne connait pas la manière ce qui laisse du suspense à Gods of Arena. Pour ceux qui n’ont pas vu la série mère, ce n’est pas grave mais il ne faut pas alors regarder les premières minutes qui rappellent les évènements qui se sont déroulés dans Blood and Sand. Le pilote de Gods of Arena a fait mieux que le pilote de Blood and Sand, en termes d’audience,Spartacus est en passe de devenir la série phare de Starz et c’est justifié selon moi car elle rempli son contrat de divertissement.

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28 janvier- Working Class- CMT
CMT diffuse depuis cette fin janvier sa première série originale. Il s’agit d’une sitcom sur une mère, Carli, divorcée et élevant seule ses 3 enfants. Afin de leur offrir de meilleures perspectives d’avenir, elle déménage dans un quartier de la middle class bien au-dessus de ses moyens. Carli travaille d’arrache-pied pour sortir la tête de son gouffre financier et croit encore pouvoir rencontrer son âme sœur.

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Misfits: Présentation°°°°°

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Honte à moi, je viens seulement de découvrir la meilleure série de la saison 2009-2010. Pour vous donner une idée de l’estime que j’ai pour cette nouvelle production E4, je l’ai visionnée en une soirée!  Car la première saison ne contient malheureusement que 6 épisodes de 40min. Mon dernier coup de foudre télévisuel datait de 2008 avec Sons of Anarchy et l’avant-dernière était Skins (première génération). Et cet historique de mes romances “sérinesques” n’est pas anodin. Par le public qu’elle vise et ce qu’elle raconte, Misfits me rappelle Skins et le concept est certes moins audacieux que les SoA mais cherche lui aussi à nous dépeindre la vie de marginaux.


En effet, les misfits ce sont des marginaux, des cas sociaux comme on dit dans mes contrées hennuyaises. Si on pouvait reprocher à la seconde génération de Skins d’avoir cherché à créer une armada de cas sociaux, ici cela ne dérange pas, loin de là. Puisque les héros se côtoient dans le cadre de travaux d’intérêt généraux, il était tout à fait normal qu’ils soient tous des marginaux. L’effet final est donc bien moins artificiel. Les problèmes d’ado sont aussi bien différents. Pas de problèmes avec l’autorité professorale et parentale, la seule autorité qui se pose donc à eux est celle de leur agent de probation. Ils sont d’ailleurs je pense tous déjà adultes sauf peut-être Simon, le geek timide. Le sexe et la fête sont abordés de façon très originale via les pouvoirs que possèdent les protagonistes.


Oui je n’osais vous le dévoiler tout de suite car cela aurai pu vous faire fuir mais comment faire le pitch autrement sinon…C’est le point de départ du pilote: lors d’un violent orage de jeunes délinquants touchés par la foudre découvrent qu’ils possèdent des pouvoirs surnaturels. Oubliez Heroes ou les 4400, pensez plutôt à Being Human, autre série britannique, qui explore le domaine de la science-fiction mélangé à un réalisme assez troublant. Avoir des pouvoirs ça ne fait pas de facto de vous des super-héros ni les victimes de machinations et de complots gouvernementaux. On peut très bien avoir des pouvoir vivre la journée comme Batman sans jouer aux chauves-souris héroïques, la nuit. S’ ils avaient peut-être eu le pouvoir de changer le plomb en or, peut-être leur quotidien aurait-il changé mais pas de chance pour eux leur quotidien reste le même avec quelques emmerdes en plus.


J’ai adoré la mise en scène du pilot. L’introduction des pouvoirs était assez bien trouvée et certains d’entre eux ne sont pas piqué des vers. Voilà pourquoi je préfère mettre une balise spoiler sur ce paragraphe afin de laisser à ceux qui le souhaite un peu de suspens./*SPOILERS EPISODE1*/ Les pouvoirs n’ont pas été attribués au hasard, ils sont le prolongement du tempéremment des individus. Le plus banal est certainement celui de Kelly qui lit dans les pensées. Mais la prise conscience de ses nouvelles capacités est coquace, l’idée du chien était excellente. Celle qui parle comme un charretier va enfin pouvoir savoir si les gens et en particulier son fiancé pensent qu’elle est à l’image de son physique…une conne juste bonne à baiser. Ensuite, Simon se l’est joué à la “Le sixième sens”, je n’ai pas compris tout de suite son pouvoir. Peut-être ai-je aussi maqué de perspicacité sur ce coup là. Etre invisible est assez ironique dans son cas, puisqu’il l’est déjà aux yeux de ses camarades de classe et de travaux d’intérêt généraux. De plus, ses envies voyeuristes- que Nathan décèle directement et qui se révèle dans son amour de la caméra- vont pouvoir être assouvies par son don. Le sprinteur du groupe est maître du temps et ça tombe doublant bien puisqu’il semble être le seul repentant. La jolie et attirante Alisha a quant à elle un pouvoir inédit et qui la rend maintenant victime de l’excitation sexuelle qu’elle provoque. Le comble est qu’elle ne puisse plus utiliser ses charmes alors qu’elle est plus attirante que jamais. Enfin, Nathan, lui n’a pas de pouvoir et à vrai dire il n’en a pas besoin, il nous amuse sans et c’est tellement jouissif de voir celui qui frimait être le seul à ne pas être spécial et à chercher à l’être!/*FIN SPOILERS*/


Outre le très bon pilot notons aussi un épisode 4 excellent de par sa réalisation et sa façon d’aborder l’un des pouvoirs des héros. D’ailleurs, la réalisation est soigné pour l’ensemble de la saison et me rappelle celle Skins sauf que le bleu plus que bleu du ciel à été grisé pour s’adpter au sujet. J’aime également les plans de la ville qui servent d’intermèdes et la bande son aux accents rock est utilisée à bonne escient. Le générique est parfait, le graphisme comme la musique, il rappelle le pitch ce qui est de plus en plus rare. J’ai eu du mal à ranger la série dans une catégorie, elle jongle entre humour british, thriller et drame. Mais je me suis tellement bien fendue la gueule hier et puisque la série ne se prend elle-même pas au sérieux faisant souvent des références ironiques aux séries et films de science-ficion qu’elle doit être différenciée des comédies dramatiques.

Skins: itinéraire d’une adolescence désenchantée°°°

Il ne fait pas bon vieillir au royaume des teen shows. Soit la série se transforme en série post-ado (cf. Berverly Hills, Dawson) soit elle se doit de changer son casting (cf. Harley Coeurs à vif, Friday Night Lights). Il n’y a pas une solution meilleure qu’une autre mais  la première est certainement la plus facile, garder les mêmes acteurs pour une audience qui grandis avec ses héros. Dans le cas de Skins, cette solution était cependant quasi impossible. La série de Jamie Brittain avait fait de son ambiance ado sex, drug and rock’n roll sa marque de fabrique et son principal atout. Transposer cete ambiance à des college student aurait été bien original. Pourtant, bien que continuant de suivre des ados issus du même lycée et de classes sociales similaires, l’atmosphère qui planait autrefois sur les soirées de Tony, Michelle, Cassie and co a disparu avec eux.


A vrai dire il ne reste plus que le sexe et la drogue. Mais les drogues douces ont été remplacées par de l’ecstacy et de la cook. Leur consomation n’est plus sociale, elle sert à fuir la réalité d’un quotidien. Si on a toujours représenté les ados en conflit avec leur parent, il s’agissait surtout d’une question d’autorité contre laquelle les jeunes aiment se rebiffer. Comme avec la première génération, ici, le rôle des parents dans l’éducation est quasi inexistant, leurs rejetons font ce qu’ils veulent sans leur demander leur avis et se cassent à la première contestation. Peut-être me fais-je vieille mais le monde décrit par Skins me semble  peu en phase avec ce que ce doit être un ado de la classe moyenne dans une ville post-industrielle. Autant avec la première génération, j’avais des doutes mais c’était tellement drôle, autant ici, je suis sure que c’est du surfait et aucun épisode ne me le fait oublier.


Mais il n’y a pas que sur ce pan que Skins me semble moins bon, car je ne m’en souciais guère avant. Non ce qui me  dérange c’est la trame dramatique qui a bel et bien pris le pas sur le pendant comédie. Il y a très peu de Skins party et quand il y en a, elles finissent toujours mal. Je suis nostalgique quand je repense au voyage de classe en première saison ou à toutes ces autres moments de réunion des personnages. Continuer à dédier un épisode à un personnage de la seconde génération est une terrible erreur, on a l’impression que les autres protagonistes y vont des apparitions en guest-stars plutôt que comme personnages récurrents.


Il y a cependant, une chose que la série à réussi en cette quatrième saison, c’est nuancer certains skinsiens qui étaient vite devenus insupportables au cours la saison précédente. L’épisode sur Cook était une parfaite réussite. On continue, certes, sur le schéma d’une famille éclatée qui pousse ses enfants aux pires comportements, mais on nous en fait rire et c’était drolement bon et ce, en partie, grâce à l’introduction d’un personnage original et décalé à l’image du petit gangster de la saison1 et bien plus marrant et convaincant que celui de la saison3. On a pu enfin découvrir la famille de Cook. On ne connaissait que le père dont le fils était une pâle copie. Malheureusement, les scénaristes n’ont pas su tenir le cap. Le focus sur Freddie bien qu’il traitait avec justesse de la perte d’un parent  était lent, prévisible et ennuyeux tout comme sa relation avec Effy qui reste le seul personnage que je ne peut absolument pas blairer.


Plus je regarde Skins plus j’ai envie de regarder ses pemières saisons. En reprenant un casting ado (contrairement aux séries US), les producteurs ont oublié de donner des rôles d’ado. Peut-être les critiques leurs sont-elles montées à la tête et ont-ils voulu aller encore plus loin en ne prenant que des cas sociaux. Mais force est de constater que certaines histoires colleraient bien mieux dans un univers un peu plus vieux. La fraîcheur d’un Anwar ou d’une Cassie manque cruellement au show et je ne pense que JJ et Thomas sauveront le lot.