Damages: Fin en beauté°°°°

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La rumeur court de plus en plus fort, Damages risque fort de ne pas être reconduite la saison prochaine.
Assez étrangement, bien que j’aie apprécié cette ultime saison, cette décision me ravit. Quand on voit l’excellence de la saison inaugurale et l’incapacité des scénaristes à maintenir le cap durant trois saisons, c’est un soulagement que de savoir que la série ne sera plus malmenée à l’écran.


Le système des flashforward, si efficace au départ, s’est révélé mauvais au fil du temps. Peut-être que le visionnage de Lost au même moment m’a poussé à me lasser de cette technique narrative. Pourtant, ce que nous annonçait les flashes, c’était du lourd. La mort de Tom Shayes devait nous tenir en haleine durant des mois. Mais après trois épisodes de flashes sur sa mort on se dit: so what? L’intrigue sur les Tobin n’a pas non plus bien pris. Ils étaient tous détestables dans cette famille et finalement c’est leur avocat qui a rle mieux éussi à tirer son épingle du jeu et remplacer le vide laisser par Zeljko Ivanek, il y a 3ans déjà. D’ailleurs, le revoir cette année, même en “format ghost”, a apporter une touche de nostalgie, nous rappelant ô combien on avait trépigné devant chaque rencontre entre lui et Glenn Close.


Le retour d’Arthur a lui été moins bien géré. Pendant quelques épisodes, on sait quand même demandé où son histoire nous mènerait. Un épisode de moins sur lui aurait été mieux mais on ne crache pas notre plaisir quant on revoit Timothy Olyphant. On nous offre enfin une conclusion et de manière originale, au meurtre de David,avec en prime son fantôme of course. On pourra donc dire que tout le monde était à la fête pour dire au revoir à la série.


Les vies personnelles des deux “requines” (néologisme d’aquarium) ne sont donc pas en reste. Ellen a démontré qu’en tant que digne héritière de Patty elle pouvait être une connasse envers sa famille. Il faut bien dire qu’on s’est toujours demandé ce qu’une fille aussi brillante et jolie faisait dans une famille pareille. Pas grand chose, puisque sa mère a voulu d’en débarasser! Ce pan de l’histoire était bien trouvé et traité rapidement de surcroît. Pour ce qui est de la famille Hewes, la story-line Michaël m’a un peu embêté. Peut-être ne suis-je pas assez patiente mais quand on voit où ça nous mène on est un peu déosrienté. Autant de minutes passées seulement pour justifier le crash de voiture? Mais on pardonne parce que l’affrontement final entre Patty et sa belle-fille était d’un jouissif sans précédent! C’était du Patty dans sa grande classe, son meilleur coup de la saison.


Bon j’ai mis en avant beaucoup de points négatifs mais pourtant j’estime que c’est une belle fin. Les quatre derniers épisodes étaient remplis de twists qui n’auraient pas fait autant effet si ces histoires qui semblaient inutiles ou tirées en longueur n’avait pas été si minutieusement avancées. Dommage qu’il ait fallu entretenir autant le suspens. Même la mort de Tom a fini par nous surprendre. La scène finale était magnifique, Patty y dévoile son côté le plus sombre et nous laisse sur une seule interrogation, la seule qui n’ait pas trouvé de réponse, d’ailleurs: qui est ce Julian? Est-ce une hallucination dans son souvenir ou dans ce qui semblait être la réalité? Après avoir longtemps pensé à la première solution, sans trop y croire, je pense maintenant que Julian (qui a du inspiré le nom de Julia pour l’enfant mort-né) a réellement assisté à sa fausse couche. L’architecte qui la pousse à abattre les murs pour voir la vérité nue, n’est qu’une hallucination née de sa culpabibilité. Il ne sert qu’à lui montrer le monstre qui est en elle. Le trou dans le mur le lui rappelle sans cesse, elle vit dans cette immense appartement de luxe mais au prix de la solitude. Ellen, utopique, espère être différente mais son jeu avec le procureur (à la fin, j’ai pas compris qui avait trahi qui et ça j’ai bien “kiffé”) prouve bien qu’elle n’est pas bien loin de son modèle. Si la série devait continuer, elle pourrait sans conteste reprendre le rôle de Patty. Mais son Tom, Damages perd tout son capital sympathie alors pour la postérité de cette création, prions qu’elle n’existe plus. De plus, au vu des mauvais rôle qu’y jouaient les femmes, j’étais devenue misogyne bien qu’appartenant à la gente féminine.

L’époustouflant final de Big Love°°°°°

Waouh, amazing, astonishing, incredible, comment vous dire à quel point j’ai été bluffée par le season final d’une série que j’ai apprécié, aimé et que j’adore maintenant. C’est du HBO dans toute sa splendeur! Par où commencer, d’ailleurs, tellement tout était bon. Aucune scène bâclée, une conclusion qui termine un chapitre mais en ouvre un bien plus appétissant alors qu’annoncée depuis longtemps./*SPOILERS*/ C’est bien le plus fou, le cliff de cette saison était prévu depuis longtemps mais jamais je n’aurais imaginé que les scénaristes osent laisser leur personnage principal aller jusqu’au bout de ses ambitions égoïstes et dévastatrices. Il fallait du cran pour casser ce qui était le leitmotiv de la série depuis 4ans. D’un autre côté, le jeu de cache cache risquait tôt ou tard de lasser. La série vient de s’offrir une nouvelle jeunesse qui, si on continue à ne nous offrir que 9épisodes par saison, pourrait encore continué un bout de temps, surtout au vu de l’évolution des sisters wives qui sont toutes devenues méconnaissables.


Margene est certainement celle qui a le moins surpris. Pas que ses péripéties aient été moins interessantes, mais rien ne peut nous surprendre d’elle. Parce qu’elle a toujours été plus excentrique que ses soeurs, parce qu’elle est moins fourbe que Nicki, moins hypocrite et qu’elle est plus à l’aise avec la polygamie que Barb, Margene est la seule qui ne ressentait pas le besoin de se remettre en question ni elle, ni leur mode de vie. Son aventure, son business et son mariage était en pure continuité avec sa façon d’être, sa façon de s’habiller, sa soif de relations sociales et le besoin d’être aimée. Le plus étonnant est qu’en fin de compte, elle semble être la moins amoureuse de Bill. Il y a comme une indifférence qui traîne. Elle ne le hait pas comme Barb, ne l’adule pas comme Nicki, elle est avec lui parce qu’elle aime vivre en communauté et avoir des supers copines avec qui partager son quotidien. C’est pour cette raison qu’elle a été depuis le début la plus grande supporteuse d’Anna. Partager Bill n’est pas un problème pour elle car de toutes façons son amour ne lui suffirait pas. Elle aussi, à son tour veut se partager.


Tandis que Nicki, ayant découvert les joies d’un amour exclusif avec son agent fédéral, aspire à devenir la seule récipiendaire de l’amour et de l’attention de Bill. J’ai toujours cru que Nicki soutenait la polygamie, pour des raisons religieuses et culturelles mais aussi parce qu’elle ne ressentait pas l’envie d’aimer un homme et que dans ces circonstances, il lui était préférable de partager cette tâche avec d’autres femmes. Ses ambitions maritales sont telles que maintenant elle remet carrément en question l’autorité de la sister wife number 1. Elle décide donc de devenir comme elle, adopte un look conventionnel, sacrifie 20 cm de ses cheveux et se manifeste comme le seul appuis de Bill dans tout ce qu’il entreprend. Elle devient son alliée, celle qui fait ses sales besognes en politique et qui cherche désespérement à lui donner un enfant. J’avais, je l’avoue, sous-estimé l’intérêt de cette histoire de stérilité et la façon dont elle recoupe le mystère JJ est incroyable. Les détails sur le secret des Walkers avait été distillé avec tellement de parcimonie que même après l’avant-dernier épisode je n’avais aucun indice sur où tout cela nous mènerait. Comme lorsqu’il s’agit de Selma et son frère, ça me semble après coup tiré par les cheveux mais la réalisation et le jeu de Zeljko Ivanek étaient tels qu’on aurait pu avaler encore plus gros.


Mais finalement, Barb a réussi à me surprendre encore mieux que Nicolette version romantique ou revival 80′. C’est la plus fidèle qui retourne sa veste. Elle a déjà perdu sa fille, presque perdu son fils à cause de son cupide de mari, alors elle est prête à tout pour préserver son semblant peu de famille. Elle fait de son mieux pour couler son mari avec des boulettes médiatiques, des révélations anonymes à la presse et surtout le recrutement de Marilyn qui symbolisera l’opinion publique contre  Bill la saison prochaine. Toutes ces trahisons ne sont que des réactions à celles de son mari. Je sais pas si elle a vraiment un jour cru en l’église mormonne mais le doute était déjà perceptible l’année passée quand elle voulut retourner dans sa famille et dans son église. La découvertes des tromperies de Bill lui feront réaliser pour de bon que ce qui motive son mari ce n’est pas la foi mais le sexe et l’argent.


Je la trouve très émouvante dans la scène finale. Elle hésite mais puisque tout est foutu à quoi bon se cacher, quand elle se lève on voit dans son regard à la fois la haine qu’elle porte envers Bill mais aussi sa douleur en tant que femme d’admettre publiquement avoir ouvert son ménage à d’autres. Chez Margene, on sent surtout de la peur, celle de perdre ce qui était sa source de liberté, son travail. La scène finale était donc parfaite dans le jeu des acteurs, on sent bien le malaise de Bill et bien qu’on le déteste on se sent nous aussi un peu mal. En tant que téléspectateur on est assez étrangement plus proche de l’orateur et ses femmes que des spectateurs de l’auditoire.


Pour clore ce billet dithyrambique, revenons sur l’atmosphère qui a plané sur cette saison avec notamment la musique omniprésente durant ce dernier épisode. Le choix des bandes son était parfait. Les tensions et suspicions étaient mises en exergue. L’atmosphère en était pesante et le tableau plus sombre que jamais. Le road trip de l’épisode 7 était aussi excellent de par sa réalisation plus même que par son histoire, la chaleur et la moiteur du Mexique était palpable à l’écran. Enfin, Juniper Creek était cette saison encore plus malsain avec la scène des mariages organisés dans des chambres de motel, l’union d’une mère à son ex-gendre et les manipulations cliniques orchestrées par JJ. La mort de Roman n’a donc pas plomber ce pan de l’histoire et a permis d’enfin développer la question de l’homosexualité refoulée d’Alby. J’espère qu’on accordera plus de temps à ce personnage la saison prochaine car on est resté sur notre faim mais des choix devaient être fait pour tout caser en 450 min. Une chose en moins à caser sera la storyline de Sarah, dont l’actrice Amanda Seynfield a souhaité se retirer du show. Elle nous manquera certainement, Sarah était vraiment intéressante parce qu’elle était la seule enfant Henrickson à s’élever contre le modèle familial. Si la question de l’impact de la polygamie sur les enfants sera sans aucun doute traitée à l’avenir, cela sera moins sous l’angle psychologique que social avec la question de savoir comment les amis de Ben et Teenie réagiront aux révélations de leur père.