août 09 2009
Dollhouse : “A Spy in the House of Love”
La “Dollhouse” est un laboratoire dont l’existence est secrète. Ce centre futuriste abrite de nombreuses dolls, des hommes et des femmes qui sont programmés pour accomplir différentes missions. Que ce soit pour devenir l’amant d’un individu ou pour éliminer quelqu’un, les scientifiques présents au sein de ce programme peuvent effacer à leur guise la mémoire de chaque doll, pour ainsi leur greffer une nouvelle personnalité qui leur permettront de remplir leur contrat. Mais les souvenirs de la jeune doll Echo vont peu à peu refaire surface… En effaçant sa mémoire, les programmeurs effacent-ils aussi l’âme de la doll ?
Pour cet épisode :
Topher a découvert qu’un espion se trouvait au sein de la Dollhouse. Echo et Sierra cherchent à découvrir son identité.
Autant le dire tout de suite, je suis une fan finie de Whedon. Son chef-d’oeuvre reste à mes yeux BtVS mais ses créations antérieures se sont également avérées être de vrais bijoux (même si j’ai trouvé Angel inégale et Firefly pas assez aboutie, bien que la Fox soit évidemment la seule à blâmer sur ce dernier point). Plus récemment, les tribulations du Dr. Horrible m’ont ravie. Et alors, Dollhouse ?
Eh bien, ça commençait très mal.
Ce qui emporte systématiquement mon adhésion chez Whedon, quelle que soit l’histoire générale, c’est le soin apporté aux personnages rarement archétypaux et, surtout, cet art de prendre le divertissement au sérieux en traitant de sujets sérieux de manière sérieuse… tout en restant incroyablement fun et en saupoudrant le tout d’un humour reconnaissable entre mille. Mais nulle trace d’humour, ou de quoi que ce soit de fun, d’ailleurs, dans les premiers épisodes de cette nouvelle création. La lourdeur démonstrative a remplacé la suggestion, si tragique soit elle, et on a davantage l’impression d’assister à une dissertation de lycéen avec petit “a” et petit “b” qu’à l’intelligence implacable avec laquelle Whedon et ses scénaristiques mènent leurs épisodes d’ordinaire.
L’humour s’attache souvent aux travers des personnages et, justement, c’est là aussi que la série peine. Outre un casting que je trouve inégal, contrairement à l’habitude (Eliza est bonne, mais pas assez pour mener une série ; les actrices qui interprètent DeWitt et Mellie globalement médiocres), la plupart des personnages ne se détâchent guère de la fonction qui leur est assignée par leur originalité. Ainsi, le protecteur d’Echo doit être le sceptique, il est sceptique et tendre avec sa doll. Ballard est le flic obsessionnel, il est obsessionnel et… c’est à peu près tout.
Il est certes difficile d’établir une galerie de personnages “fixes” quand la moitié du cast change de rôle à chaque épisode, mais on ne peut que constater que, pour le moment, Ballard et Boyd ne prennent pas plus d’épaisseur alors qu’ils ne sont pas (a priori, remarque !) des dolls.
Par contre, Amy Acker s’avère un atout de poids et parvient à intriguer immédiatement. J’avoue que je ne l’avais pas repérée comme une actrice d’exception au début d’Angel, mais sa performance en tant qu’Illyria, et maintenant son rôle du Dr. Saunders me convainquent qu’on tient vraiment là une interprète de talent.
Je n’aurais probablement pas continué à suivre cette série au delà de quelques épisodes s’il ne s’était agi de Whedon. Sauf que j’ai suivi et, comme il l’avait annoncé, les choses se sont améliorées à partir du sixième épisode, Man on the Street. On commençait enfin à sortir la tête de l’eau.
Malheureusement, les deux épisodes suivants, s’ils se sont avérés au dessus des premiers, ne semblaient pas confirmer le bond en avant opéré par l’épisode 6. Needs paraissait même renouer avec les stand-alone du début de la série et, tout divertissant qu’il soit, avait au fond un intérêt limité. Et puis on avait encore de la lourdeur démonstrative, et puis pffff…
De là, on arrive à ce Spy in the House of Love.
Bonne nouvelle pour commencer : Jane Espenson fait partie des co-scénaristes alors, à défaut d’être génial, ça peut au moins être fun. Et ça l’est.
On commence enfin à renouer avec les dialogues whedonnesques qu’on a l’habitude d’entendre. Les trois derniers épisodes nous avaient déjà donnés de petits grains à moudre, notamment le fameux “male reaction”. Là, ça fuse toutes les deux minutes et on s’amuse bien.
Au niveau de l’intrigue, on renoue avec le meilleur de Dollhouse, puisque cet épisode égale A Man in the Street. DeWitt prend enfin un peu plus d’épaisseur - même si ladite épaisseur n’est pas démesurément originale - et on amorce des changements intéressants pour Ballard, Echo (qu’elle demande elle-même à Topher de l’imprégner, c’est ce qui s’appelle une idée cool) et surtout pour Boyd, qui va enfin pouvoir sortir de son rôle de papa-gâteau et affronter de nouvelles problématiques.
En ce qui concerne l’histoire, l’identité de l’espion s’avère surprenante, on attend de savoir qui est le deuxième espion (ben oui, Dominic voulait règler son compte à Ballard et les dolls qui se manifestent auprès dudit Ballard, au contraire, l’aident, donc c’est bien qu’il y a un autre espion que la NSA) et, surtout, quel est “l’ultimate agenda” des Dollhouses. L’idée la plus logique serait de recréer une société à la Huxley, mais j’attends de voir.
Pour la première fois, je suis heureuse de dire “Si la Fox annule la série, ce serait vraiment dommage”.
Go team !
4/5