Archives pour mai, 2009

Disturbed

title numb3rs 100th

Un 100ème épisode est toujours un évènement très spécial. Souvent, la série effectue une introspection, un retour sur elle-même. Numb3rs n’échappe pas à la règle, mais ajoute une nouvelle dimension.

Spoilers mineurs :

  • Numb3rs - Saison 5 - Episode 21 “Distrubed”
  • Stargate SG1 - Saison 10 - Episode 6 “200″

Les 5èmes saisons sont souvent charnières, car c’est aux alentours du mois d’avril que se déroule le tant attendu “épisode 100″. Cette année, ce fut le cas pour Lost, avec son épisode 5×14 “The Variable”, qui faisait allusion à l’épisode préféré des fans, 4×05 “The Constant”, tout en effectuant des révélations brutales. Pour Stargate SG-1, en 2007, c’est le 200ème épisode, nommé astucieusement 10×6 “200″, qui a été diffusé. L’épisode était construit sur la forme d’un “show-inside-the-show“, et a rencontré un grand succès :

Unlike the more serious nature of the season’s story arc, “200″ is a light-hearted parody of both Stargate SG-1 and other sci-fi shows, as well as pop culture like The Wizard of Oz. [...] “200″ also received near-universal praise for its humor and writing.
Wikipedia : http://en.wikipedia.org/wiki/200_(Stargate_SG-1)

Le public se souvient des débuts, prend conscience du chemin parcouru par les personnages. Les 100èmes épisodes sont donc des moments émouvants, de communion entre le show et le public.

Pour Numb3rs, c’est pareil. L’épisode 5×21 “Disturbed” s’articule autour d’une affaire de meutres en série, extrêmement similaire, nous disent les personnages,  à celle de 1×01 “Pilot”.

On notera les éléments habituels des 100èmes épisodes :

  • une scène où Alan se rappèle comme ses enfants étaient éloignés avant 1×01,
  • le retour de personnages emblématiques (le conspirationniste Roy, parodie à peine voilée mais carrément déjantée de Michael Moore), dans des scènes comiques,
  • un enjeu majeur à résoudre (un tueur en série que personne n’a remarqué sauf Charlie) et des remises en question.
  • un hommage à l’ensemble des personnages (David explique lui-même “the hot zone equation” comme l’aurait fait Charlie, un plan d’ensemble à la fin de l’épisode…)The sprinklers equation

Un autre grand classique, très bien utilisé par l’épisode, est le cassage du 4ème mur par références à d’autres séries. On en parlait récemment, CBS abrite à la fois Numb3rs, et aussi The Big Bang Theory et How I Met Your Mother. C’est donc avec grande facétie que Roy pousse un “Wait for it, Wait for it…“, des “Awesome!“, et que Don lance a son frère, allongé sur son canapé, un mythique “You’re in my spot!“.
wait for it
you're in my spot

Ces références sont drôles, certes, mais pas que. Car, pour une série, être citée comme cela est un symbole de sa portée dans la culture. C’est depuis que LOST a été exploitée par de nombreuses oeuvres, en saison 2, que l’on peut dire que la série fait partie de la culture populaire américaine. Ainsi, quand un scénariste référence les choses qu’il aime, il ancre sa création dans le même cadre culturel que ses idoles. Un jour, peut-être, sera-t-il référencé à son tour.

Bien des choses sont à dire concernant l’esthétique de Numb3rs, et je ne le ferai pas maintenant (je n’ai pas encore terminé les 2 derniers épisodes de la saison 5 !). Mais une chose est sûre  : cette série policière-mais-pas-que a conquis ses lettres de noblesse, et un jour, c’est sûr, c’est elle qui sera référencée.

Références en nombre

numbers title

En un épisode, Numb3rs s’est amusé à référencer Lost et TBBT !

Pour une fois, je ne vais pas parler d’un season finale, ni d’une série en particulier. Etant en cours de rattrapage, je viens de voir l’épisode 5×15 “Guilt Trip” de Numb3rs. D’habitude, je passe un très bon moment, notamment grâce à l’esthétique et au dramatique de la série, mais cette fois, je me suis mangé des clins d’oeils impressionnants.

L’épisode commence avec une immense reprise de la séquence des chiffres de LOST, 4 8 15 16 23 42.

5x15 intro

Ca continue avec une description d’un geek qui parle “vulcain”, qui n’est pas sans rappeler The Big Bang Theory :

5x15 spock

Et enfin l’inspiration trouve une confirmation hallucinante qui dure une fraction de seconde : un mot de passe est affiché, en référence à Leonard et Sheldon, les deux amis de The Big Bang Theory :

5x15 TBBT

Le mindfuck Lost

locke

Trop de gens perdent patience devant LOST, alors que la série est une des plus innovantes en matière de narration.

Spoilers :

  • LOST - Saison 3 - Episodes 22 et 23 “Through the Looking Glass” (Season Finale)
  • LOST - Saison 4 - Episode 12 et 13 “There’s no place like Home” (Season Finale)
  • LOST - Saison 5 - Episode 7 “The life and death of Jeremy Benthalm”
  • LOST - Saison 5 - Episodes 12 “Dead is Dead” à 16 et 17 “The Incident” (Season Finale)

LOST est une série extrêmement difficile à suivre. Il faut maîtriser l’univers, suivre depuis le début, ne pas rater un épisode. Il faut accepter de se faire mener en bateau par Damon Lindelof et Carlton Cuse. Il faut croîre très fort en l’espoir qu’un jour la vérité sera révélée. Pour ces raisons, il y a trois types de spectateurs devant LOST : ceux qui ne supportent pas (on ne peut pas leur en vouloir, mais on peut espérer qu’ils ne continuront pas à regarder longtemps), les fans hardcore (qui critiquent chaque épisode à leur juste valeur), et finalement, le genre le plus expressif sur la blogosphère mondiale en ce mois de mai, les fans casual qui ne comprennent pas tout, qui perdent patience, et pour qui tout ceci est tout sauf normal.

Ainsi, sur son célèbre blog “Le monde des séries”, Pierre Sérisier évoque avec un recul de conso”matteur” ses réactions après le final :

On dit que l’attente ne fait que renforcer le plaisir. Mais une trop longue attente peut-elle le gâcher ? C’est la conclusion que m’inspire (en partie) le final de Lost. Pas mal de choses m’ont déçu dans ces 16e et 17e épisodes, mais dans le même temps je n’arrive pas à les jeter d’un seul coup à la poubelle car il reste quelques excellents passages qui les rendent supportables. Certaines scènes m’ont fait penser à des avatars de mauvaises séries et d’autres m’ont vraiment plu. On dira donc que cette conclusion n’est pas la meilleure des cinq saisons écoulées.

Le fan hardcore que je suis ne peut s’empêcher de s’insurger devant le manque de foi qui semble toucher de plus en plus de spectateurs de LOST. Les scénaristes ont tellement déployés d’efforts pour lier entre-elles les différentes parties de la série, pour nous surprendre, qu’il est tout bonnement injuste de se contenter de dire “ça manque de rythme” ou “c’est très cliché”.

Il y a énormément de techniques d’écriture, de procédés dramatiques, d’histoires, qui rendent LOST exceptionnelle, qui rendent l’attente supportable et même divine. Parmi elles, la reine des techniques est le mindfuck. Et la saison 5 de LOST a inauguré l’un des mindfuck les mieux fillés de cette saison télévisée 2008/2009.

Selon le “New Partridge Dictionary of Slang and Unconventional English” [1], un mindfuck est“tout ce qui cause un changement interne de paradigme”, c’est-à-dire un ou plusieurs procédés et histoires qui remettent en cause la vision que vous avez de l’univers de la série, du film, du livre… Des films comme le Sixième Sens, Usual Suspects ou Fight Club se terminent en mindfuck : vos théories et hypothèses sur les évènements mystérieux se produisant dans le film sont finalement détruites, et vous vous dites “Ouah, il faut trop que je revoie !”.

Ainsi, au contraire du cliffhanger (”oh mon Dieu, on a tiré sur Tony !”) ou du simple plot twist (”tiens, et si on disait qu’en fait Tony n’est pas mort ?”), le mindfuck est extrêmement difficile à écrire, car il nécessite une construction capable de berner le public au premier visionnage, et d’être cohérente au second. Si les efforts de distraction du public sont insuffisants, le mindfuck peut très bien être déjoué lors du premier visionnage (le film “The Thirteenth Floor” est un bon exemple). Du coup, le mindfuck idéal est complètement inattendu et change en un instant la conception solide du public face à la fiction. L’effet est dévastateur : les films à mindfuck sont parmis les plus populaires de l’histoire.

LOST n’en est pas à son coup d’essai. Déja lors du final de la saison 3 (3×22 “Through the looking glass”), alors que tout laissait à penser que l’on voyait un nième flash back de Jack, un spectaculaire twist/cliffhanger vint introduire le concept de flash forward. Le final de la saison 5 fait encore bien mieux.

La saison passée fut un coktail explosif de techniques de narration diverses. Un des thèmes centraux était (encore) la lutte entre croyance et raison. Lors de 5×07 “The life and death of Jeremy Benthalm”, on apprend que John Locke est réssucité, avec, en plus, une mission confiée par l’île. Son comportement semble radicalement changé, mais, outre le fait que “Dead is Dead” (5×12), on ne peut pas s’empêcher de penser au fait que Christian, lui aussi, semble bel et bien vivant, et que son cadavre a disparu. Ainsi, la résurection est vraisemblable. Et ne voilà pas que 5×16/5×17 “The Incident” apporte de nouveaux indices (Jacob et son ennemi), et finalement révèle, dans un plan atourdissant reprenant 4×12 “There’s no place like Home”, que Locke est toujours mort, et que l’ennemi de Jacob a pris sa place. Le mindfuck est terrible, et les scénes finales canalisent cette excitation dans une scène dramatique forte (Ben vs Jacob) et une autre carrément intense (cliffhanger final : Juliet et la bombe).

Mais, au fait ? Quelqu’un aurait-il pu déjouer le mindfuck ? Surement pas, les indices ayant été dévoilés qu’à la toute fin. Mais alors, quel risque Damon et Carlton ont-ils pris ? Pourquoi attendre si longtemps pour révéler ? Je ne pense pas qu’il faille se poser ces questions maintenant. LOST est une série “à revoir”. Et si vous revisionnez la saison 5, vous allez ressentir encore plus de choses qu’à la première fois, en assistant à la “vraie” mort de Locke, dans 5×07. D’ailleurs, alors qu’en début d’épisode, l’on nous fait croire que Locke est de nouveau vivant, la musique de fin est extrêmement dramatique. En regardant la scène, on se dit “bon, pas de soucis, je sais qu’il n’est pas mort”. Mais la prochaine fois, la vérité étant connue, l’effet sera multiplié.

Rien que cette construction de longue haleine prouve que LOST est menée de main de maître par des génies. Elle ne se zappe pas, elle se regarde. Elle ne se mate pas, elle se vît. LOST révolutionne le genre en imposant une communion entre la fiction et le public, d’une manière (paradoxalement) en accord avec l’industrie. Ne prenez pas le public pour des imbéciles, et il vous le rendra. Le plus gros mindfuck de LOST.

Enorme-House

house

House a déployé des trésors de narration cette année, et la série est devenue une exception dans le genre du drama. Le final l’a faite passer d’exception à délire total.

Spoilers :

  • House M.D. - Saison 4 - Episode 16 “Wilson’s Heart” (Season finale)
  • House M.D. - Saison 5 - Episode 1 “Dying Changes Everything”
  • House M.D. - Saison 5 - Episodes 19 “Locked-in” à 24 “Both sides now” (Season finale)

Le premier final en 6 épisodes !

Pas la peine de le cacher plus longtemps, House a tout cassé cette saison. L’esthétique de la série a pris du galon. Les énigmes médicales étaient très originales, et la cohérence des intrigues était exceptionnelle, depuis le début de la saison (départ de Wilson) jusqu’à la toute fin. Et quelle fin !
Si je suis si enthousiaste, c’est parce que les scénaristes ont tout compris ! Un final qui fait de l’effet doit se construire. Il faut sentir une pression qui monte, des problèmes qui s’annoncent, et surtout, quelques satisfactions. On l’a vu hier, The Big Bang Theory a fait tout le contraire. House, par contre, fait monter très tôt la sauce, puisque selon moi, le season finale de cette année démarre dès 5×19 “Locked-in”.

Kutner (5×19 “Locked-in” - 5×21 “Saviors”)

5×19 “Locked-in” fut un énorme coup de poing pour moi. Les trois quarts de l’épisode se déroulent selon le point de vue d’une victime d’un locked-in syndrome, prisonnier de son corps, inapte à communiquer. Tout comme la victime, le spectateur ne comprend pas grand chose, se fait son opinion du cas en même temps qu’il entend les pensées du patient. De temps à autre, une petite référence vient rappeler que l’on nous promet un rapprochement House/Cuddy depuis la saison 3 (“Okay, if she turns around, she’s into him too. (…) And there, yeah.”). L’épisode se déroule, et à la fin, House se dirige vers un ascenseur. Wilson arrive, et lui dit “You’ll end up alone“. House le regarde, et l’image est aussi floue que ce que voyait la victime de locked-in. Boum. Premier procédé : l’annonce.

locked-in syndrome victim
house point of view

5×20 “Simple Explanation” enfonce le clou : contre toute attente, Kutner se suicide. Certes, l’acteur a décidé d’aller rejoindre Obama. Mais les scénaristes ont trouvé une parade exceptionnelle, qui prend ce fait de dernière minute en compte (on y revient plus loin). House cherche à comprendre, en vain. Voilà une énigme insoluble, que Wilson va essayer de lui faire oublier dans 5×21 “Saviors”. On oublie, tout comme House, jusqu’à ce que la fin vienne mettre un bon coup de pied à l’intrigue : Amber, morte dans 4×16 “Wilson’s Heart”, apparaît en hallucination au médecin apeuré. Boum. Deuxième procédé : le twist.

amber hallucination

Amber (5×22 “House Divided” - 5×23 “Under my skin”)

5×22 “House Divided” assume parfaitement les attentes que le public avait après le cliffhanger de 5×21. House se réveille, le fantôme d’Amber le suivant partout, et l’aidant à résoudre une affaire. House se demande très vite si les renseignements donnés par son hallucination (et donc son subconscient) sont si pertinentes, notamment lorsque l’une de ses décisions manque de tuer Chase. Bon point pour le développement de l’intrigue, mais c’est surtout l’esthétique qui est à remarquer dans cet épisode : l’image est extrêmement saturée lorsque l’on suit House, et un énorme effet de bloom est ajouté, pour rendre compte du fait que le médecin manque de sommeil. De plus, l’épisode marque la réutilisation du procédé “point de vue”, introduit dans 5×19 “Locked-in”, cette fois avec un sourd et muet. C’est très impressionnant : les effets visuels participent directement à la narration, en rappelant subtilement les enjeux posés lors de 5×19 ! Extrêmement habile. Boum. Troisième effet : la répétition et les références.

HDR and gloom filters

Lorsqu’il se fait clair que l’hallucination devient une menace pour sa vie et celle des gens autour de lui, House panique et se rend compte que c’est sa drogue, la Vicodin, qui est responsable de ses problèmes. 5×23 “Under My Skin” voit alors House demander l’aide de Cuddy. Grâce a elle, il réussit en une nuit à annihiler Amber… et, au petit matin, embrasse Cuddy ! On l’attendait depuis la saison 3 ! Boum. Quatrième effet : la satisfaction du spectateur.

Tout ces procédés s’ajoutent et promettent un final du feu de Dieu. On ne sera pas déçus !

Cuddy (5×24 “Both sides now”)

House est de bonne humeur. L’affaire traitée est classique. La relation House/Cuddy est aussi sulfureuse que d’habitude. On se demande franchement ce qu’il se passe : House est-il vraiment guéri ? Pendant le final ?

La tension monte à la 33ème minute (10 minutes avant la fin !), lorsque House annonce à tout l’hopitâl qu’il a couché avec Cuddy, dans le but de la mettre en colère pour tester ses sentiments. Lors d’une conversation fort dramatique, 6 minutes avant la fin, House apprend qu’il n’a jamais demandé l’aide de Cuddy pour arrêter la Vicodin ! Il a halluciné la fin de l’épisode 5×23. Il n’a jamais passé la nuit avec elle. Pire… Amber est de retour. Et Kutner aussi. On comprend alors que tout l’épisode était construit autour du malentendu “Cuddy a couché avec House”. Boum ! Cinquième procédé : le mindfuck.

House comprend qu’il devient fou, et se fait accompagner par Wilson dans un hopitâl psychiatrique. Dernier procédé : le cliffhanger.

Franchement, House a été une série phare de cette saison. Elle est première en popularité sur de nombreux sites web. Et à raison ! Car les scénaristes ont accumulé tout ce qui rend génial une histoire télévisée. Tout simplement exceptionnel.

The Big Crunch Theory

TBBT 2x23

Une seconde saison est toujours attendue au tournant. Pour The Big Bang Theory, elle aura cruellement manqué de storyline…

Spoilers :

  • The Big Bang Theory - Saison 1 - Episode 17 - The Tangerine Factor (Season Finale)
  • The Big Bang Theory - Saison 2 - Tous les épisodes

“Bazinga!
Ne vous y trompez pas, j’adore TBBT depuis le tout début. Je ne connaissais même pas How I Met Your Mother : je suis tombé dedans en bon geek. La saison 1 fut un grand succès car, comme toutes les premières saisons, elle a profité d’un pilote génial qui posait une grande question unificatrice : Leonard sortira-t-il avec Penny ?

Cette question ayant trouvé une réponse dans l’épisode 1×17 “The Tangerine Factor”, on s’attendait à ce que le season premiere de la saison 2, 2×01 “The Bad Fish Paradigm”, pose les bases d’un nouvel enjeu pour la série. Pas du tout ! L’intrigue Penny est “torchée” en un risible épisode, et aucun arc narratif ne semble pointer le bout de son nez. Tout juste, dès 2×03 “The Barbarian Sublimation”, la série semble chercher un renfort inespéré du côté de Sheldon, personnage emblématique de la série et du network CBS. Du Sheldon, on en aura mangé cette saison : le personnage est l’une des plus grande réussites du show cette année, entre sa compréhension croissante des relations, son apprentissage de l’ironie et même de la tendresse. Sheldon aura (trop subtilement) unifié une saison qui en a cruellement manqué.

Unité manquante ?
Car justement, c’est là le problème. Il y aura eu de nombreux subplots très interessants et prometteurs, tout au long de la saison. On pensera à Stephanie, girlfriend de Leonard entre les épisodes 2×08 “The Lizard Spock Expansion” et 2×10 “The Vartabedian Conundrum”, qui m’avait donné énormément d’espoirs, et qui ne donna rien, à ma plus grande surprise (franchement, que faire sinon attendre une suite après un épisode se terminant par “I’m never gonna have sex again. (…) Oh, I was wrong!“…).

En y repensant, il y a finalement une cohésion dans cette saison : le développement des personnages. Leonard essaye d’oublier Penny, Penny ne vit aucune relation, Sheldon s’ouvre (un peu)… Mais où est l’histoire ? Le succès de la série est uniquement dû au sitcom, au côté standalone des épisodes (y’a rien a suivre… on peut zapper sur TBBT et être sûr de se marrer). Il me semble qu’aucun effort n’a été fait pour développer une histoire continue cette année, au contraire d’How I Met Your Mother, et c’est finalement le season finale qui le paye.

TBBT 2x23
The Monopolar Expedition (spoilers)
Je dois dire que j’ai regardé cet épisode en pensant qu’il n’était pas le final. Une fois terminé, je suis allé sur CBS, et j’ai constaté avec effarement qu’il n’y aurait pas d’épisode 2×24. L’hallucination passée, force est de constater que cet épisode était vide de narration ! Aucun frisson… Tout au plus, le fait de ne pas montrer les réactions de Penny avant la fin de l’épisode font monter la pression aux plus attentifs… Ceux-là suivent-ils seulement la série ?

Certes, j’exagère. La saison aura été nettement meilleure que la première, grâce notamment à des épisodes standalone exceptionnels tels que 2×03 “The Barbarian Sublimation” (Penny geek!), 2×15 “The Maternal Capitance” (la mère de Leonard!)… Mais, à l’heure où la série n’arrive pas à dépasser les enjeux de la saison 1 (les garçons passeront 3 mois au Pole Nord, qu’adviendra-t-il de Leonard et Penny ?), à quoi peut-on s’attendre en saison 3 ? 23 autres épisodes essouflants sans liens entre eux ? Ou bien aurons nous droit à des choses plus intriguantes (Penny qui aurait déménagé, ou autres mystères…) ?

J’avoue être excité par les perspectives offertes, et je me demande finalement si ce n’est pas ce manque de travail de la narration qui aura finalement fait le succès de la série, en permettant aux scénaristes de se concentrer sur l’humour et les dialogues. On verra bien.

La fin de Pushing Daisies

Pushing Daisies Title

Interrompue en saison 1, arrêtée en saison 2, Pushing Daisies essaye tant bien que mal de se relever de chaque coup du destin. Cette fois-ci, c’est un series finale qu’il a fallu construire, au dernier moment.

Spoilers :

  • Pushing Daisies - Saison 1 - Episode 9 - Corpsicle (Season finale)
  • Pushing Daisies - Saison 2 - Episode 13 - Kerplunk! (Series finale)

Pushing Daisies aura été une série maudite. Après l’interruption brutale de la saison 1 pour cause de grève, c’est l’érosion violente des audiances US qui ont eu raison de la série à l’esthétique irréprochable de Bryan Fuller. Il aura donc fallu faire un series finale en bouclant le plus d’histoires possible.

The facts were these.

En Novembre 2007, en pleine production de l’épisode 1×09 “Corpsicle”, Bryan Fuller et l’équipe de scénaristes de la série apprennent l’imminence de la grève, qui s’annonce déja longue. Contraints de terminer prématurément la 1ère saison, ils concoctent à la dernière minute une dernière scène en cliffhanger : Chuck n’est pas la nièce mais la fille de Lily. La révélation fut particulièrement inattendue, et d’autant plus puissante que l’épisode précédent (1×08 “Bitter Sweets”) se terminait lui aussi (pur hasard?) en cliffhanger. C’est toujours du plus bon effet de faire monter la pression avant un final, et celui-ci fut habilement réussi.

La saison 2 s’annonçait pleine de promesses.

Entre la dispersion des personnages, la propagation du secret de Lily, l’exploration du passé, les intrigues démarraient très bien. Mais, alors que Pushing Daisies fut élue série préférée des internautes en 2008, les audiences de la saison 2 ont été tellement décevantes qu’ABC a brutalement annulé la série en plein milieu de saison, en décembre dernier. Le dernier épisode a être diffusé fut le 2×10 “The Norwegians”, et ABC annonça la diffusion des 3 derniers épisodes, déja produits, en mai 2009.

L’histoire se répète.

Les épisodes 2×11 “Window Dressed to Kill” et 2×12 “Water and Power” sont de très grands épisodes de Pushing Daisies, l’esthétique de la série étant à son paroxysme (la scène finale du barrage … awesome). Mais rien n’indique l’imminence d’un series finale : aucun cliffhanger, aucun plot (tout juste un début d’arc avec la fille d’Emerson Cod) ne vient poser d’enjeu pour le 2×13. Car c’est bien là tout le problème : le 2×13 était le seul épisode non terminé à l’heure où ABC a annulé la saison. Les scénaristes ont-ils pu alors achever correctement leur série ?

Kerplunk!

Le titre provient d’un album de Green Day. Mon hypothèse est qu’il traduit la violence de l’arrêt de la série. Une sorte de protestation des scénaristes ?

L’épisode suit une trame “standalone” classique chez Pushing Daisies : Lily et Vivian reprennent le chemin des bassins : le duo de natation syncrhonisée Mermaid Darling Mermaid est de retour. Un meurte, comme toujours, vient troubler l’intrigue. Néanmoins, il est très vite résolu (3ème acte), ce qui laisse 5 minutes pour boucler l’histoire !

At that very moment, time stopped (spoilers)

Chuck est désemparée par le fait que ses tantes vont partir en Europe. “It’s a game changer” dit-elle. La réaction m’a paru pas vraiment crédible, et, à 5 minutes de la fin de l’épisode, la transition n’est vraiment subtile. C’est à ce moment que démarre vraiment la partie de l’épisode écrite après la décision d’ABC. Très très vite, Chuck et Ned décident alors d’aller révéler aux tantes que Chuck n’est pas morte.

Et c’est ainsi que démarre la scène la plus satisfaisante de la saison : la caméra retrace tout l’univers de Pushing Daisies (les moulins, le phare, les égouts, le cimetière…), rappellant les souvenirs de tout ce qu’il s’y est passé, recréant les liens entre les épisodes. Tout prend son sens, et, en moins d’une minute, on nous révèle ce vers quoi allait la saison : le retour de la fille de Cod, et l’émancipation d’Olive. Finalement, le narrateur confirme que la fin n’est pas une fin (on pense aux rumeurs de films Pushing Daisies), et la série se termine sur une image du chien Pigby. On finit comme on commence, c’est classique et efficace, et pendant ce temps là, on pleure la fin prématurée d’une si remarquable série.

“Narrator: At that moment, in the town of Couer d’ Couers, events occurred that are not, were not, and should never be considered an ending. For endings, as it is known, are where we begin.” (Source TV.com)