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FlashForward nouveau LOST ?

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ABC doit se rendre à l’évidence : plus que 17 épisodes et LOST se termine. En ces temps de crise des audiences télévisées aux USA, tous les shows sont soumis à de grandes contraintes, et les nouveautés sont rares à perdurer. Depuis 2007, et la signature de l’arrêt de mort de sa série phare - LOST, le network a essayé de trouver un digne remplaçant.

Très récemment, un teaser impressionnant a été diffusé sur le web. FlashForward, c’est le nom de la série, raconte l’histoire d’un évènement global qui, le temps de 2 minutes et 17 secondes, projette l’humanité toute entière 6 mois dans le futur. Le teaser donne vraiment envie (regardez le sur http://abc.go.com/primetime/flashforward/index?pn=whatdidyousee), d’autant plus qu’il n’est pas sans rappeller quelques thèmes fédérateurs de LOST (destin contre libre arbitre, beaucoup de personnages, mystère…).

Bien que la série soit adaptée d’un livre de science-fiction canadien de 1999, les grands noms derrière le show (David S. Goyer ["The Dark Knight"] and Brannon Braga [24, Star Trek: Enterprise]) promettent qu’à partir de 7 épisodes, l’intrigue part dans des directions inattendues.

Avec FlashForward, dont la premiere sera diffusée le 24 septembre aux USA, ABC compte bien frapper un grand coup, accompagner LOST vers son final et surtout préparer l’avenir. Et, puisque le pilote de LOST fût le plus coûteux de l’histoire, ABC a les moyens de transformer une série au fort potentiel (au moins aussi grand que celui des - malheureusement sous exploités - 4400) en show culte.

Rendez-vous en septembre pour voir si elle tient la route !

Disturbed

title numb3rs 100th

Un 100ème épisode est toujours un évènement très spécial. Souvent, la série effectue une introspection, un retour sur elle-même. Numb3rs n’échappe pas à la règle, mais ajoute une nouvelle dimension.

Spoilers mineurs :

  • Numb3rs - Saison 5 - Episode 21 “Distrubed”
  • Stargate SG1 - Saison 10 - Episode 6 “200″

Les 5èmes saisons sont souvent charnières, car c’est aux alentours du mois d’avril que se déroule le tant attendu “épisode 100″. Cette année, ce fut le cas pour Lost, avec son épisode 5×14 “The Variable”, qui faisait allusion à l’épisode préféré des fans, 4×05 “The Constant”, tout en effectuant des révélations brutales. Pour Stargate SG-1, en 2007, c’est le 200ème épisode, nommé astucieusement 10×6 “200″, qui a été diffusé. L’épisode était construit sur la forme d’un “show-inside-the-show“, et a rencontré un grand succès :

Unlike the more serious nature of the season’s story arc, “200″ is a light-hearted parody of both Stargate SG-1 and other sci-fi shows, as well as pop culture like The Wizard of Oz. [...] “200″ also received near-universal praise for its humor and writing.
Wikipedia : http://en.wikipedia.org/wiki/200_(Stargate_SG-1)

Le public se souvient des débuts, prend conscience du chemin parcouru par les personnages. Les 100èmes épisodes sont donc des moments émouvants, de communion entre le show et le public.

Pour Numb3rs, c’est pareil. L’épisode 5×21 “Disturbed” s’articule autour d’une affaire de meutres en série, extrêmement similaire, nous disent les personnages,  à celle de 1×01 “Pilot”.

On notera les éléments habituels des 100èmes épisodes :

  • une scène où Alan se rappèle comme ses enfants étaient éloignés avant 1×01,
  • le retour de personnages emblématiques (le conspirationniste Roy, parodie à peine voilée mais carrément déjantée de Michael Moore), dans des scènes comiques,
  • un enjeu majeur à résoudre (un tueur en série que personne n’a remarqué sauf Charlie) et des remises en question.
  • un hommage à l’ensemble des personnages (David explique lui-même “the hot zone equation” comme l’aurait fait Charlie, un plan d’ensemble à la fin de l’épisode…)The sprinklers equation

Un autre grand classique, très bien utilisé par l’épisode, est le cassage du 4ème mur par références à d’autres séries. On en parlait récemment, CBS abrite à la fois Numb3rs, et aussi The Big Bang Theory et How I Met Your Mother. C’est donc avec grande facétie que Roy pousse un “Wait for it, Wait for it…“, des “Awesome!“, et que Don lance a son frère, allongé sur son canapé, un mythique “You’re in my spot!“.
wait for it
you're in my spot

Ces références sont drôles, certes, mais pas que. Car, pour une série, être citée comme cela est un symbole de sa portée dans la culture. C’est depuis que LOST a été exploitée par de nombreuses oeuvres, en saison 2, que l’on peut dire que la série fait partie de la culture populaire américaine. Ainsi, quand un scénariste référence les choses qu’il aime, il ancre sa création dans le même cadre culturel que ses idoles. Un jour, peut-être, sera-t-il référencé à son tour.

Bien des choses sont à dire concernant l’esthétique de Numb3rs, et je ne le ferai pas maintenant (je n’ai pas encore terminé les 2 derniers épisodes de la saison 5 !). Mais une chose est sûre  : cette série policière-mais-pas-que a conquis ses lettres de noblesse, et un jour, c’est sûr, c’est elle qui sera référencée.

Références en nombre

numbers title

En un épisode, Numb3rs s’est amusé à référencer Lost et TBBT !

Pour une fois, je ne vais pas parler d’un season finale, ni d’une série en particulier. Etant en cours de rattrapage, je viens de voir l’épisode 5×15 “Guilt Trip” de Numb3rs. D’habitude, je passe un très bon moment, notamment grâce à l’esthétique et au dramatique de la série, mais cette fois, je me suis mangé des clins d’oeils impressionnants.

L’épisode commence avec une immense reprise de la séquence des chiffres de LOST, 4 8 15 16 23 42.

5x15 intro

Ca continue avec une description d’un geek qui parle “vulcain”, qui n’est pas sans rappeler The Big Bang Theory :

5x15 spock

Et enfin l’inspiration trouve une confirmation hallucinante qui dure une fraction de seconde : un mot de passe est affiché, en référence à Leonard et Sheldon, les deux amis de The Big Bang Theory :

5x15 TBBT

Le mindfuck Lost

locke

Trop de gens perdent patience devant LOST, alors que la série est une des plus innovantes en matière de narration.

Spoilers :

  • LOST - Saison 3 - Episodes 22 et 23 “Through the Looking Glass” (Season Finale)
  • LOST - Saison 4 - Episode 12 et 13 “There’s no place like Home” (Season Finale)
  • LOST - Saison 5 - Episode 7 “The life and death of Jeremy Benthalm”
  • LOST - Saison 5 - Episodes 12 “Dead is Dead” à 16 et 17 “The Incident” (Season Finale)

LOST est une série extrêmement difficile à suivre. Il faut maîtriser l’univers, suivre depuis le début, ne pas rater un épisode. Il faut accepter de se faire mener en bateau par Damon Lindelof et Carlton Cuse. Il faut croîre très fort en l’espoir qu’un jour la vérité sera révélée. Pour ces raisons, il y a trois types de spectateurs devant LOST : ceux qui ne supportent pas (on ne peut pas leur en vouloir, mais on peut espérer qu’ils ne continuront pas à regarder longtemps), les fans hardcore (qui critiquent chaque épisode à leur juste valeur), et finalement, le genre le plus expressif sur la blogosphère mondiale en ce mois de mai, les fans casual qui ne comprennent pas tout, qui perdent patience, et pour qui tout ceci est tout sauf normal.

Ainsi, sur son célèbre blog “Le monde des séries”, Pierre Sérisier évoque avec un recul de conso”matteur” ses réactions après le final :

On dit que l’attente ne fait que renforcer le plaisir. Mais une trop longue attente peut-elle le gâcher ? C’est la conclusion que m’inspire (en partie) le final de Lost. Pas mal de choses m’ont déçu dans ces 16e et 17e épisodes, mais dans le même temps je n’arrive pas à les jeter d’un seul coup à la poubelle car il reste quelques excellents passages qui les rendent supportables. Certaines scènes m’ont fait penser à des avatars de mauvaises séries et d’autres m’ont vraiment plu. On dira donc que cette conclusion n’est pas la meilleure des cinq saisons écoulées.

Le fan hardcore que je suis ne peut s’empêcher de s’insurger devant le manque de foi qui semble toucher de plus en plus de spectateurs de LOST. Les scénaristes ont tellement déployés d’efforts pour lier entre-elles les différentes parties de la série, pour nous surprendre, qu’il est tout bonnement injuste de se contenter de dire “ça manque de rythme” ou “c’est très cliché”.

Il y a énormément de techniques d’écriture, de procédés dramatiques, d’histoires, qui rendent LOST exceptionnelle, qui rendent l’attente supportable et même divine. Parmi elles, la reine des techniques est le mindfuck. Et la saison 5 de LOST a inauguré l’un des mindfuck les mieux fillés de cette saison télévisée 2008/2009.

Selon le “New Partridge Dictionary of Slang and Unconventional English” [1], un mindfuck est“tout ce qui cause un changement interne de paradigme”, c’est-à-dire un ou plusieurs procédés et histoires qui remettent en cause la vision que vous avez de l’univers de la série, du film, du livre… Des films comme le Sixième Sens, Usual Suspects ou Fight Club se terminent en mindfuck : vos théories et hypothèses sur les évènements mystérieux se produisant dans le film sont finalement détruites, et vous vous dites “Ouah, il faut trop que je revoie !”.

Ainsi, au contraire du cliffhanger (”oh mon Dieu, on a tiré sur Tony !”) ou du simple plot twist (”tiens, et si on disait qu’en fait Tony n’est pas mort ?”), le mindfuck est extrêmement difficile à écrire, car il nécessite une construction capable de berner le public au premier visionnage, et d’être cohérente au second. Si les efforts de distraction du public sont insuffisants, le mindfuck peut très bien être déjoué lors du premier visionnage (le film “The Thirteenth Floor” est un bon exemple). Du coup, le mindfuck idéal est complètement inattendu et change en un instant la conception solide du public face à la fiction. L’effet est dévastateur : les films à mindfuck sont parmis les plus populaires de l’histoire.

LOST n’en est pas à son coup d’essai. Déja lors du final de la saison 3 (3×22 “Through the looking glass”), alors que tout laissait à penser que l’on voyait un nième flash back de Jack, un spectaculaire twist/cliffhanger vint introduire le concept de flash forward. Le final de la saison 5 fait encore bien mieux.

La saison passée fut un coktail explosif de techniques de narration diverses. Un des thèmes centraux était (encore) la lutte entre croyance et raison. Lors de 5×07 “The life and death of Jeremy Benthalm”, on apprend que John Locke est réssucité, avec, en plus, une mission confiée par l’île. Son comportement semble radicalement changé, mais, outre le fait que “Dead is Dead” (5×12), on ne peut pas s’empêcher de penser au fait que Christian, lui aussi, semble bel et bien vivant, et que son cadavre a disparu. Ainsi, la résurection est vraisemblable. Et ne voilà pas que 5×16/5×17 “The Incident” apporte de nouveaux indices (Jacob et son ennemi), et finalement révèle, dans un plan atourdissant reprenant 4×12 “There’s no place like Home”, que Locke est toujours mort, et que l’ennemi de Jacob a pris sa place. Le mindfuck est terrible, et les scénes finales canalisent cette excitation dans une scène dramatique forte (Ben vs Jacob) et une autre carrément intense (cliffhanger final : Juliet et la bombe).

Mais, au fait ? Quelqu’un aurait-il pu déjouer le mindfuck ? Surement pas, les indices ayant été dévoilés qu’à la toute fin. Mais alors, quel risque Damon et Carlton ont-ils pris ? Pourquoi attendre si longtemps pour révéler ? Je ne pense pas qu’il faille se poser ces questions maintenant. LOST est une série “à revoir”. Et si vous revisionnez la saison 5, vous allez ressentir encore plus de choses qu’à la première fois, en assistant à la “vraie” mort de Locke, dans 5×07. D’ailleurs, alors qu’en début d’épisode, l’on nous fait croire que Locke est de nouveau vivant, la musique de fin est extrêmement dramatique. En regardant la scène, on se dit “bon, pas de soucis, je sais qu’il n’est pas mort”. Mais la prochaine fois, la vérité étant connue, l’effet sera multiplié.

Rien que cette construction de longue haleine prouve que LOST est menée de main de maître par des génies. Elle ne se zappe pas, elle se regarde. Elle ne se mate pas, elle se vît. LOST révolutionne le genre en imposant une communion entre la fiction et le public, d’une manière (paradoxalement) en accord avec l’industrie. Ne prenez pas le public pour des imbéciles, et il vous le rendra. Le plus gros mindfuck de LOST.