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La fin de Pushing Daisies

Pushing Daisies Title

Interrompue en saison 1, arrêtée en saison 2, Pushing Daisies essaye tant bien que mal de se relever de chaque coup du destin. Cette fois-ci, c’est un series finale qu’il a fallu construire, au dernier moment.

Spoilers :

  • Pushing Daisies - Saison 1 - Episode 9 - Corpsicle (Season finale)
  • Pushing Daisies - Saison 2 - Episode 13 - Kerplunk! (Series finale)

Pushing Daisies aura été une série maudite. Après l’interruption brutale de la saison 1 pour cause de grève, c’est l’érosion violente des audiances US qui ont eu raison de la série à l’esthétique irréprochable de Bryan Fuller. Il aura donc fallu faire un series finale en bouclant le plus d’histoires possible.

The facts were these.

En Novembre 2007, en pleine production de l’épisode 1×09 “Corpsicle”, Bryan Fuller et l’équipe de scénaristes de la série apprennent l’imminence de la grève, qui s’annonce déja longue. Contraints de terminer prématurément la 1ère saison, ils concoctent à la dernière minute une dernière scène en cliffhanger : Chuck n’est pas la nièce mais la fille de Lily. La révélation fut particulièrement inattendue, et d’autant plus puissante que l’épisode précédent (1×08 “Bitter Sweets”) se terminait lui aussi (pur hasard?) en cliffhanger. C’est toujours du plus bon effet de faire monter la pression avant un final, et celui-ci fut habilement réussi.

La saison 2 s’annonçait pleine de promesses.

Entre la dispersion des personnages, la propagation du secret de Lily, l’exploration du passé, les intrigues démarraient très bien. Mais, alors que Pushing Daisies fut élue série préférée des internautes en 2008, les audiences de la saison 2 ont été tellement décevantes qu’ABC a brutalement annulé la série en plein milieu de saison, en décembre dernier. Le dernier épisode a être diffusé fut le 2×10 “The Norwegians”, et ABC annonça la diffusion des 3 derniers épisodes, déja produits, en mai 2009.

L’histoire se répète.

Les épisodes 2×11 “Window Dressed to Kill” et 2×12 “Water and Power” sont de très grands épisodes de Pushing Daisies, l’esthétique de la série étant à son paroxysme (la scène finale du barrage … awesome). Mais rien n’indique l’imminence d’un series finale : aucun cliffhanger, aucun plot (tout juste un début d’arc avec la fille d’Emerson Cod) ne vient poser d’enjeu pour le 2×13. Car c’est bien là tout le problème : le 2×13 était le seul épisode non terminé à l’heure où ABC a annulé la saison. Les scénaristes ont-ils pu alors achever correctement leur série ?

Kerplunk!

Le titre provient d’un album de Green Day. Mon hypothèse est qu’il traduit la violence de l’arrêt de la série. Une sorte de protestation des scénaristes ?

L’épisode suit une trame “standalone” classique chez Pushing Daisies : Lily et Vivian reprennent le chemin des bassins : le duo de natation syncrhonisée Mermaid Darling Mermaid est de retour. Un meurte, comme toujours, vient troubler l’intrigue. Néanmoins, il est très vite résolu (3ème acte), ce qui laisse 5 minutes pour boucler l’histoire !

At that very moment, time stopped (spoilers)

Chuck est désemparée par le fait que ses tantes vont partir en Europe. “It’s a game changer” dit-elle. La réaction m’a paru pas vraiment crédible, et, à 5 minutes de la fin de l’épisode, la transition n’est vraiment subtile. C’est à ce moment que démarre vraiment la partie de l’épisode écrite après la décision d’ABC. Très très vite, Chuck et Ned décident alors d’aller révéler aux tantes que Chuck n’est pas morte.

Et c’est ainsi que démarre la scène la plus satisfaisante de la saison : la caméra retrace tout l’univers de Pushing Daisies (les moulins, le phare, les égouts, le cimetière…), rappellant les souvenirs de tout ce qu’il s’y est passé, recréant les liens entre les épisodes. Tout prend son sens, et, en moins d’une minute, on nous révèle ce vers quoi allait la saison : le retour de la fille de Cod, et l’émancipation d’Olive. Finalement, le narrateur confirme que la fin n’est pas une fin (on pense aux rumeurs de films Pushing Daisies), et la série se termine sur une image du chien Pigby. On finit comme on commence, c’est classique et efficace, et pendant ce temps là, on pleure la fin prématurée d’une si remarquable série.

“Narrator: At that moment, in the town of Couer d’ Couers, events occurred that are not, were not, and should never be considered an ending. For endings, as it is known, are where we begin.” (Source TV.com)